E.NFANCE DE FRÉDÉRIC GUILLAUME
août 1688 et devenu prince royal en 1701 (1) ; mais il importe d'ajouter quelques détails.
Il faut d'abord détruire la fable suivant laquelle on aurait négligé son éducation et son instruction. Frédéric Guillaume avait été confié au début à des femmes expérimentées, Mme de Harling, ancienne gouvernante de Sophie Charlotte, à Hanovre, puis Mme de Montbail, Française réfugiée, qui devint par son second mariage Mme de RocouUes. il fut placé ensuite, à l'âge de six ans, en 1695, sous la direction d'Alexandre de Dohna, qui resta son gouverneur durant dix ans. Issu d'une très ancienne famille, dispersée en Suisse, en Prusse et en Suède, et frère du comte Christophe que Frédéric I" traitait presque en ami, le burgrave et comte Alexandre de Dohna, alors officier au service électoral, était un noble prussien, de manières distinguées et d'esprit délicat, peut-être un peu morose : avec ses yeux noirs, sa petite bouche et son nez fin, il apparaît sur ses portraits comme le type du gentilhomme accompli. On s'explique que Sophie Charlotte, attirée en même temps par ses qualités sérieuses, l'ait choisi " de son propre mouvement et sans le conseil de personne » pour diriger son fils, et l'ait soutenu « en sincère amie » au milieu de toutes les intrigues de la cour. « J'avoue » , écrivait-elle en 1694, « que c'est la chose du monde qui me tient le plus à cœur, que mon fils soit bien élevé » , et trois ans après elle déclarait que ce serait un crime de négliger l'éducation d'un prince, destiné à régner sur des millions d'hommes.
La souveraine « philosophe " , qu'on a parfois représentée
1891; R.\>'KE, Abhandlungen unJ Versuche (t. XXIV des œuvres complètes); Krai-ske, Friedrich Wilhelm I und Leopold von Anhalt, Hist. Zeitschr., 1895; DœssER, Zur Charakteristih Friedrich Wilhelttis I (Forsch . zur brd() . u. preusS. Gcsch., 1898); Skalweit, Die Ostprjuss. Domanenverwaltunq unier Friedrich Wilhelm I, Leipzig, 1906; Li^xebach, Kœnig F. IV. I. und Fiirst Leopold zu Anhalt-Dessau (dans les Erzieher des preuss. Heeres, II, Berlin, 1907); dans le Uohenzollern-lahrbuch de Seidel, les articles de Krauske sur les débuts de Frédéric Guillaume (t. I), de Kriegeb sur les livres des Hohenzollern et de Bor- KOWSKI sur Sophie Charlotte, mère et éducatrice (t. VII), du même sur les éducateurs de Frédéric Guillaume (t. VIII).
(1) Voir plus haut, p. 152 ss.