CHAPITRE II
LES IDÉES DE GOUVERNEMENT DE FRÉDÉRIC GUILLAUME. SES COLLABORATEURS. SES DÉBUTS (17 13) (1)
Le gfouvernement du second roi de Prusse a été si fortement influencé par son tempérament et son caractère que ses principes dirigeants et même la plupart de ses actes apparaissent pour ainsi dire comme la conséquence nécessaire de ses sentiments.
Il convient à ce propos d'insister sur un trait de sa nature, déjà signalé. Frédéric Guillaume avait horreur de l'abstraction et concevait tout d'une manière concrète. Les idées générales, les traditions, les principes, ne jouèrent dans sa vie qu'un rôle secondaire, et sa personne qui dirigeait tout eut en vue exclusivement le réelfdas Réelle). De même qu il ne se regardait pas comme un organe abstrait, un symbole, « une institution qui agit" (2) et met en mouvement certains rouages,
(1) SorncES : Manuscrits des Archives de Berlin (A. B.) et des Affaires étrangères (A. E.) à Paris (Correspondance de Brandebourg). Recueils de documents cités au chapitre précédent et, en plus, le Corpus constitutionum marchicarum
de Mylius (Berlin et Halle, in-4°, 1737 ss). Les mémoires cités en tête du même chapitre.
Ouvrages : Tous les ouvrages cités au chapitre précédent et, en outre : HiJF- FER, Die Beainten des àlteren preuss. Kabinets (1713-1808) dans les Forsch. zur brdg. u. preuss. Gesch., 1892; Stolze, Die Testamenle Friedrich Wilhelms I (Ihid., 1904) ; ScHMOLLER, Das politische Testament Friedrich Wilhelms I, von 1722, dans la Deutsche Zeitschrift fiir Geschichtswissenschaft, t. VII, 1896; GcNDLACB, Friedrich Wilhelni I und die Bestelluni) der stadtischen Beamten, dans les Bausteine zur preuss. Gcsch., nouvelle série, I, léna, 1906; Von Rkhtmeykb, Das politische Testament Friedrich Wilhelms I... ini Verhdltniss zu den Erfahrunqen seiner auswartiqen Polilik von 1713-1722, thèse de Greifswald, 1909; Beitràqe zur brandenburgischen und preussischen Geschichte, publiés par le Verein fur Gesch. der Mark Brandenburg, à l'occasion du 70' anniversaire de G. Schmoller, in-8», Leipzig, 1908.
(2) Cf. Lavisse, La Jeunesse du Grand Frédéric, p. 48.