ONCLES ET TANTES DU ROI
à la musique avec le kronprinz, composa diverses œuvres, et ne se maria pas; elle devint plus tard abbesse de Quedlinbour^. C'est à propos d'elle que Morg^enstern rapporte unirait frappant de l'avarice de Frédéric Guillaume : elle avait deux dents de travers, et il fut question de la faire soigner par un dentiste français ; mais le roi réfléchit que cela coûterait très cher et que cela n'en valait pas la peine, parce que la princesse ne se marierait probablement pas; et il congédia le praticien.
En dehors de ses enfants, Frédéric Guillaume ne retenait guère autour de lui les autres membres de la famille royale : ceux-ci, oncles et tantes, issus du second lit du Grand Électeur, et leurs descendants, ne faisaient à la courque de brèves apparitions, reçus avec peu de cordialité par le roi auquel ils étaient plutôt indifférents, et traités froidement par la reine qui les jugeait trop petits personnages. Le margrave Albert Frédéric vivait dans la retraite à Friedrichsfeld, le margrave Christian Louis à Malchow. Wilhelmine a plus d'une fois mis en scène quelques-uns de ces parents pauvres ou déclassés, et fait le portrait, plus ou moins ironique, des « principautés » mâles et femelles, qui fréquentaient Berlin et Potsdam. Particulièrement suggestives sont les pages consacrées à sa grand'tante Elisabeth Sophie, qui, venue à Berlin en 1731, veuve de trois maris dont le dernier était duc de Saxe-Meiningen (1), prétendait toujours plaire : « Sa physionomie rubiconde et sa taille d'une grosseur si monstrueuse qu'elle avait peine à marcher lui donnaient l'air d'un Bacchus femelle. .. ; quoiqu'elle eût soixante ans passés, elle était requinquée comme une jeune personne » . Un an après, Wilhelmine alla la visitera Cobourg, espérant la faire tester en sa faveur, car elle avait a des biens immenses » , mais « cette vieille sempiternelle » ne lui donna que de bonnes paroles.
La cour de Prusse était assez nombreuse, au dire de la margrave, mais, à part des descendants de huguenots français
(1) Ernest Louis.