‹ Histoire de PrusseChapitre 308 sur 410 · DÉLOYAUTÉ DE L'AUTRICHE 4JH · texte numérisé non relu

DÉLOYAUTÉ DE L'AUTRICHE 4JH

nuant à faire assaut de compliments avec Voltaire, soutenait contre son correspondant que la Lorraine appartenait à l'Empire; il s'inquiétait du fâcheux état de l'Allemag^ne, et se demandait s'il n'y avait pas lieu de former une li(jue « contre ces rusés Français » , afin de combattre " la force majeure qui paraît à présent vouloir tout engloutir i> . Le roi ne voyait pas si loin; du moins, il affirmait ses sympathies pour les Hollandais, et ceux-ci le payaient de retour : le 18 août 1738, d'accord avec l'Angleterre, les États Généraux déclarèrent qu'ils ne voulaient ni garantir les droits du palatin de Sulzbach, ni agir contre la Prusse ; ils prétendaient se renfermer dans le rôle de médiateurs « impartiaux» . Six mois s'étaient écoulés depuis la remise de la « note identique » , et le « concert » de La Haye avait vécu.

Cependant la Prusse était isolée et, la fin de l'année vit s'accentuer plutôt cet isolement. Ni à Vienne, où Borck avait remplacé Brandt, ni dans l'Empire, ni chez les puissances maritimes, elle ne rencontrait de bienveillance effective; dans le nord, elle se heurtait à des défiances, assez légitimes d'ailleurs.

L'Empereur Charles VI, de plus en plus absorbé par la guerre turque où les échecs se multipliaient, était mécontent de Frédéric Guillaume qui refusait de lui accorder, comme l'électeur de Saxe, des troupes auxiliaires. La caniarilla cléricale, dont il était entouré, l'excitait contre les hérétiques, et le poussait vers la France ; le vieux chancelier, Sinzendorf, déclarait à Borck que son maître avait les mains liées; les autres ministres impériaux pressaient la Prusse d'accepter l'entrée en possession provisoire du palatin de Sulzbach à Berg et Juliers, après la mort de l'électeur palatin, « comme si ce prince vivait encore » , fiction que le roi n'avait pas tort de traiter d' » enfantillage " . Les embarras de l'Autriche étaient tels qu'elle resserra son union avec Louis XV. Au troisième traité de Vienne (18 novembre 1738), qui réglait les questions brûlantes de la succession de Pologne, des possessions espagnoles d'Italie, et de la Pragmatique Sanction,

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