CHAPITRE IV
DANS l'expectative. LA FIi\ DU RÈGNE (1)
L'historien de la politique prussienne, Droysen, a vanté la hardiesse de l'attitude de Frédéric Guillaume en face du « concert » des quatre puissances. A y regarder de près, on constate que la hardiesse était médiocre et les risques insignifiants.
Les puissances maritimes ne se souciaient pas d'intervenir par les armes; le ministre du roi à La Haye, Luiscius, donnait à cet égard les renseignements les plus rassurants : les États Généraux se refuseraient certainement à toute mesure de contrainte, et l'Angleterre, à la veille de se brouiller avec l'Espagne au sujet du commerce des Indes, tiendrait à éviter des complications sur le continent. Le roi put vérifier bientôt ces informations, de visu, au cours d'un voyage dans ses possessions rhénanes et en Gueldre, où il rendit visite au prince d'Orange, Guillaume IV, gendre de Georges II (juillet 1738) , il avait emmené avec lui le kronprinz, déjà très occupé des affaires étrangères, et qui venait d'en esquisser en quelque sorte un tableau dans ses Coyisidét^adons sur Vétat présent du corps politique de l'Europe. Le « divin Federic » , tout en conti-
(i) SoDRCES : Mêmes documents manuscrits qu'aux trois chapitres précédents; mêmes recueils de documents et mêmes mémoires. Parmi ces sources, surtout LoEWE (Staatsvertfàcje) , les documents de Foerster et de Droysen, les publications de Krausre, Koser, Koser et Droysej*, et le Journal secret du baron de Seckendorf.
Ouvrages : Ceux qui sont cités dans les trois chapitres précédents, surtout Foerster, Drovseb, Lavisse, Petroff, et en outre : Lavisse, Le Grand Frédéric avant l'avènement, 1893.
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