ABAISSEMENT DES ETATS PROVINCIAUX
conseillers provinciaux fLandràieJ continuèrent à être nommés sur présentation de la chevalerie, mais le roi ne s'interdit pas de les choisir en dehors des candidats présentés ; ils pouvaient pénétrer dans les assemblées d'États provinciaux ; ils furent, d'autre part, introduits peu à peu dans les Chambres de guerre et des domaines, en vertu d'un ordre du 29 mai 1731, peut-être par extension de ce qui existait en Prusse, où l'on trouve de bonne heure des Landkammerrâte, avec des attributions analogues à celles des Landrate (Instruction du 8 octobre 1723). Quant aux commissaires des taxes fStcuendieJ, appelés aussi commissaires locaux fcomniissarii locorumj, ils eurent dès 1723 droit de séance et de vote dans les chambres de guerre et des domaines. Chargés de veiller sur la police, les finances, et le recrutement de troupes, Landriite et Steuerrâte rappellent étrangement les intendants de la monarchie française, ou au moins, car ils étaient bien plus nombreux, les subdélégués de l'intendant (voir l'instruction du 29 juillet 1716 pour les Landrate du duché de Magdebourg) .
L'œuvre de centralisation ne pouvait manquer d'affecter les pouvoirs des États provinciaux. Frédéric I" avait permis à ceux-ci de subsister, de relever même plutôt la tête; son fils les écrasa, sans les supprimer totalement. Presque partout il y eut encore des assemblées d'États fLandiageJou de délégations fAusschiisseJ, mais ces réunions furent de moins en moins fréquentes, et de plus en plus stériles : les réclamations ou doléances fgravaminaj qu'on y rédigeait, étaient laissées sans réponse ; les États ne fonctionnaient que pour la forme (1) . Les questions d'argent seules amenèrent de temps à autre de courtes sessions; dans l'ensemble, «les bruits» des États, comme eût dit Colbert, n'étaient plus de saison. J'ai déjà cité le passage fameux d'un ordre du 25 avril 1716 sur la souveraineté royale, établie « comme un rocher de
(1) Lors de la cérémonie de l'iiominage en Prusse, les Ordres (Stande) furent réunis, mais avec moins de solennité qu'autrefois, et il ne vint aucun commissaire polonais pour rappeler l'ancien lien de vassalité.