‹ Histoire de PrusseChapitre 332 sur 410 · DESPOTISME ET ARBITRAIRE · texte numérisé non relu

DESPOTISME ET ARBITRAIRE

sortes de vexations : non seulement il leur interdit de prêter à plus de 12 pour 100, ce qui était assez raisonnable, mais il ag^grava pour eux les pénalités; une potence en fer fut dressée au-dessus de la potence ordinaire, pour les Juifs condamnés à mort. D'autres édits augmentèrent continuellement les sommes qu'ils devaient payer fSchutzgeldJ, pour obtenir des lettres de sauvegarde (SchutzhriefeJ ou l'autorisation d'habiter les résidences (1). Ils furent obligés d'acheter les sangliers tués dans les chasses royales, et, comme ils ne mangeaient pas cette chair impure, de la distribuer aux pauvres. Ils ne purent ni parcourir le pays, ni posséder des immeubles. Le nombre des domestiques qu'il leur était permis d'avoir fut réduit.

Ces exemples, et mille autres que je ne puis citer, suffisent à prouver le caractère inquisitorial et arbitraire de la police, aussi bien que de la justice, sous le Roi-Sergent. L'État continuait à être omnipotent, et le souverain, dépositaire du pouvoir absolu, à traiter ses sujets comme un père ses enfants, selon le droit antique. Pour être éclairé, ce despotisme n'en était pas moins pesant; il avait au moins autant d'inconvénients que d'avantages, même sous un prince soucieux de ses responsabilités, parce qu'il ne reconnaissait d'autres freins que la colère de Dieu, bien lointaine, et la conscience du despote, qui ne pouvait être infaillible.

(J) Les Juifs de passage étaient astreints à acquitter un droit de douane personnel (Leihzoll) . Un document curieux à cet égard est la lettre de sauvegarde accordée le 26 décembre 1726 au Juif Ruben Moses, à Kœnigsberg. Cf, A. B., R. 7, n 106 j.

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