PROSPÉRITÉ DES VILLES
pérèrent véritablement, grâce à une teinturerie ajoutée en 1 724, et les von der Leyen firent fortune, alors que le Lyonnais Pitra, établi à Berlin depuis 1732, n'était pas seulement en état, en 1739, d'exécuter les commandes de la cour. Une fabrique de porcelaines, créée par Gœrne à Plaue, avec le peintre Pennewitz et le potier Mehlhorn, vég^^éta de 1713 à 1730, et dut fermer ensuite. Frédéric II exagère quand il compare à cette époque les velours de Berlin à ceux de Gênes, et prétend qu'un chimiste a traîtreusement porté de Berlin à Dresde le secret d'une porcelaine « qui surpasse celle de la Chine par l'élégance des formes et la finesse de la diaprure » .
A part cette réserve nécessaire pour les industries de luxe, et aussi pour l'industrie des toiles, en déclin à Clèves et à Minden, il est certain que le règne de Frédéric Guillaume fut favorable au développement industriel. Le système protecteur coûta cher peut-être aux consommateurs, mais il stimula la production indigène. Les années 1728 à 1735 comptent parmi les plus brillantes du dix-huitième siècle à cet égard, et parallèlement à l'accroissement de la population rurale on constate, en 1740, un accroissement considérable de la population urbaine. Dans toutes les provinces, les petites villes s'agrandirent, doublant ou triplant parfois le chiffre de leurs habitants (comme Potsdam, Magdebourg, Halle et Stettin) , et deux grandes villes devinrent des centres d'attraction irrésistibles, Kœnigsberg en Prusse avec 50 000 âmes, Berlin en Brandebourg avec près de 90 000, y compris la garnison.