VENTE DES COLO^NIES
coups de massue dont la Compagnie ne se releva pas.
Le Grand Électeur avait eu jadis des visées coloniales grandioses, sans réussir à acquérir de véritables colonies ; quelques comptoirs misérables, assez négligés sous Frédéric I", avaient été conservés sur la côte de Guinée. Le Roi- Sergent, qui ne voyait là qu'une « chimère » , chercha dès son avènement à s'en débarrasser : après quelques tractations en Angleterre et en Hollande, il s'entendit avec la Compagnie hollandaise des Indes Occidentales, qui lui acheta pour 6 000 ducats (60 000 livres) toutes ses possessions africaines. Le traité fut conclu par Meinertshagen, à La Haye, le 18 décembre 1717, mais la résistance des agents du roi en Afrique, notamment de Jean Couny, gouverneur de Gross-Friedriclisburg, en retarda l'exécution jusqu'en 1723. La Compagnie africaine possédait encore une maison en mauvais état à Emden, et un établissement dans l'île danoise de Saint-Thomas : la première fut vendue 6 000 thalers en 1725, et le second disparut en 1731.
Ce bref exposé prouve que le commerce prussien ne prospéra guère de 1713 à 1740. Frédéric Guillaume I" a eu beau vanter dans son Testament politique de 1722 les bienfaits de sa politique économique^ faisant affluer dans ses États l'argent de l'étranger, alors qu'auparavant le mouvement avait lieu en sens inverse ; son successeur donne une note plus exacte lorsqu'il déclare que le commerce était alors « étouffé » par des principes funestes. De quelque côté que l'on se tourne, on voit l'activité des échanges diminuer , le commerce de transit est paralysé, et si le traKc intérieur demeure actif, celui du dehors décline : la gilde des bateliers de Berlin est réduite à vingt-quatre membres; la fortune de la Compagnie russe ne dure pas; sur l'Elbe et l'Oder, la circulation des blés est réduite, celle des bois se maintient péniblement ; à l'ouest, le commerce végète dans les pays de Clèves et de Minden ; à l'est, les armateurs de Stettin perdent la plupart de leurs navires (ils n'en ont plus que cinq en 1728), et sur les sept cents vaisseaux qui fréquentent bon an mal an le port de