LA COMPAGNIE RUSSE
commerciales régulières de la Baltique à l'Adriatique ou à la mer Noire par TOder, la Morawa, le Danube et ses affluents de droite; Graeve et Canngiesser à Vienne, Rabutin et Seckeudorf à Berlin, étudièrent les modalités d'une association entre différentes compagnies de marchands (Socieiâi-Handlung) ; on n'aboutit qu'à deux conventions au sujet du trafic du sel et des tarifs de la douane de Grossen sur l'Oder (avrilmai 1727), et ces conventions, conclues pour dix ans, furent renouvelées par Brandi à Vienne, en 1737 ; c'était peu de chose.
A vrai dire, une seule entreprise commerciale de grande envergure fut lancée, et après avoir été quelque temps florissante, finit par sombrer complètement, la « Compagnie russe» de Berlin. Préparée par l'ambassadeur Mardefeld à Saint-Pétersbourg depuis 1720, et par un marchand d'origine française, résidant à Moscou, Jean Verne sobre, qui compara les draps prussiens aux draps anglais fournis à l'armée russe, et les déclara aussi bons, la Compagnie russe fut fondée de 1724 à 1725 par dix marchands berlinois. Mardefeld obtint du Sénat russe une résolution ordonnant de passer des marchés en Prusse pour la fourniture des draps nécessaires aux troupes, et Frédéric Guillaume accorda un privilège ou monopole pour douze ans. La Compagnie ne vécut pas beaucoup plus longtemps. Après un premier marché conclu à Saint- Pétersbourg en janvier 1 725, neuf mille pièces de drap furent livrées cette année-là, et un bénéfice de 20 pour 100 réalisé. L'affaire paraissait bonne. Durant plusieurs années, les livraisons se succédèrent, à raison de 180 à 200 000 thalers (6 à 800 000 livres) par an. Mais à Berlin il y avait concurrence entre la Compagnie et le Lagerhaus ; en Russie, mille intrigues étaient suscitées à prix d'argent par les Anglais, qui se trouvaient évincés et cherchaient à retrouver leurs anciennes commandes. Bref, en 1736, le privilège de la Compagnie ne fut pas renouvelé; deux ans après, le général Munnich, tout-puissant à Saint-Pétersbourg, fit décider que les draps prussiens étaient trop grossiers. Ce furent deux