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L'UNIVERSITE DE HALLE

ques-uus sont déjà appelés (les théologiens Breithaupt et Francke, le juriste Stryck). En 1(392, le célèbre publiciste Louis de Seckendorf est nommé chancelier, et sa mort prématurée (en décembre) n'arrête pas l'élan donné. Les cours sont commencés à cette époque et l'affluence des étudiants est remarquable (449 en 1693) ; enfin, après l'étude de divers projets et mémoires, dus notamment à Francke et au ministre Fuchs, et après la publication d'un diplôme impérial en octobre 1693, l'Université est solennellement inaugurée le 11 juillet 1694, pour l'anniversaire de l'électeur (1) .

La fondation de l'Université de Halle est un événement de premier ordre. Le nouvel établissement végète durant quelques années, le nombre des étudiants descend à 237 en 1696, et l'on voit des prolesseurs, comme Jean Pierre Ludevig, qui enseigme la philosophie et le droit, en même tenaps que l'histoire, faire jusqu'à six, sept et huit heures de leçons (col- /cyia^ par jour, pour un salaire de famine (200 thalers par an). Malgré tout, la jeune université, dont l'éclat sera grand bientôt, et qui a pour recteur magnifique le petit prince électoral, prend déjà une importance considérable. Elle garde, comme les vieilles universités, un caractère confessionnel, mais avec cette nouveauté que son luthéranisme, accepté par l'électeur réformé, a des tendances plus larges; elle est destinée à former comme un trait d'union entre luthéranisme et calvinisme. Ge n'est pas une université moderne, mais elle cherche à unir plus intimement la science au droit et aux lettres, par deux enseignements nouveaux, celui de l'histoire (avec Stryck, Gellarius, Ludevig, en attemlant Btoehmer), celui des sciences naturelles (avec HoffmannetStahl) . L'électeur ordonne en 16^6 de livrer dés^jrmais pour la dissection (Zur AnatomieJ à la Faculté de médecine les cadavres de tous les condamnés. C'est enfin, et l'originalité de la création réside là essentiellement, une université d'État, non pas dotée

(1) Cf. A. B., R. 52, n 159 J, où se trouve un mémoire de Ludevig du 15 août 1730, plein de renseignements sur l'histoire de l'Université. J'ai emprunté aussi des faits aux Registraturbûcher de Magdebourg, passivi.

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une fois pour toutes, mais émargeant au budget, pour une somme susceptible de s'accroître selon les besoins, soumise d'autre part plus étroitement au souverain qui peut lui imposer une discipline plus stricte, lui demander aussi plus de services. Cette orientation nouvelle aura sa répercussion sur les autres universités et sur tout l'État prussien.

La protection accordée à l'instruction publique va de pair avec celle des lettres, sciences et arts, qui prennent un rapide essor dès les premières années du nouveau règne, comme on le verra dans la suite.

En somme, à la considérer dans son ensemble, l'administration de Danckelman a été digne d'éloges, et sur plusieurs points féconde. Pourquoi faut-il que ces heureux résultats aient été viciés par le caractère du régime, par la faiblesse de l'élecleur, par la raideur orgueilleuse de son premier ministre, par la corruption et les intrigues de son entourage! Parvenu par la faveur, Danckelman devait être renversé par un autre favori. Il tomba dans une révolution de palais.

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