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THEOLOGIE ET PHILOSOPHIE

Les théologfiens abondaient ; on ne saurait pourtant citer parmi eux un seul auteur de génie. Ni l'illustre Francke, ni Breithaupt, ni Reinbeck, ni Lange n'ont écrit un ouvrage remarquable ; le piétisme, si influent par son action morale pratique, n'a même pas produit dans sa querelle avec Wolff un livre de polémique lisible aujourd'hui. Si quelques pasteurs se distinguèrent, ce fut presque uniquement comme historiens : Jacques Lenfant, par exemple, et de Beausobre, que le kronprinz, déplorant sa mort en juin 1738, disait « homme d'honneur et de probité, grand génie, d'un esprit fin, délié et quelquefois trop subtil, grand orateur, savant dans l'histoire de l'Église et dans la littérature, . . la meilleure plume de Berlin » . Le roi, du reste, reconnaissait l'utilité de l'histoire et favorisa son développement, en organisant les archives d'État, à Berlin et dans les provinces. Histoire et droit avaient, en tant que sciences politiques, des titres égaux à sa bienveillance ; ce furent les deux disciplines les mieux représentées, et des publications de valeur furent dues alors, sinon à Gundling, à Morgenstern, ou même au vieux bibliothécaire La Groze, du moins aux Bœhmer, aux Ludevig, aux Mylius. 11 ne faut pas oublier les Mémoires qui sont une source précieuse pour l'histoire du temps (ceux de Pœllnitz et de la Margrave en première ligne) .

Pour la philosophie, on ne trouve guère que deux noms, ceux de Christian Thomasius et de Jean Christian Wolff. Le dernier, dont les idées assez nébuleuses faisaient l'admiration du kronprinz et beaucoup moins celle de Voltaire, a laissé une quarantaine de volumes en allemand et en latin ; sa principale œuvre est sa Philosophia moralis, seu Ethica. J'ai dit son expulsion de Halle en 1723. Ses luttes contre le piétisme ont eu au dix-huitième siècle un retentissement considérable, et les persécutions dont il fut l'objet ont certainement fait davantage pour sa renommée que ses indigestes ouvrages. Le wolffianisme fut de bon ton à la fin du règne, et le Saxon Manteuffel put fonder à Berlin, en 1736, sans être inquiété, une société de Wolffiens, les «Amis de la

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