LA MORT DU ROI-SERGENT (3 1 MAI
Le mal qui emporta le roi était ancien. Depuis 1734, où il avait failli mourir, sa santé était restée ébranlée : la goutte et Fhydropisie, accompagnées d'enflures, d'abcès, de mille désordres internes, le menaçaient sans cesse et lui donnaient la fièvre; une hygiène déplorable, une alimentation capricieuse où alternaient les choux, les viandes salées et autres mets indigestes, arrosés de force bière ou vin du Rhin, aggravaient son état, et les pilules purgatives auxquelles il avait recours tous les matins ne pouvaient remettre son organisme surmené. En janvier 1738, il se plaignait au prince d'Anhalt de ses misères, de son souffle court, de son impotence, et se disait » fatigué de la vie » . Au mois de novembre 1739, le mal reparut, plus violent que jamais; il ne devait plus lui laisser de répit. Durant sept mois ce fut une lutte cruelle, sur laquelle des témoins oculaires, Pœllnitz, Manteuffel, les pasteurs Roloff et Cochius, le ministre Henri de Podewils, sans oublier le kronprinz, nous ont donné de précieux détails. Rien n'est plus suggestif, rien
(i) Sources : Les principaux documents sont les Acta Borussica (Behœrdenorganisation et Correspondance avec le prince d'Anhalt qui contient un jugement du prince sur le roi, Nachi-iif auf den Kœniq); le Testament politique de 1752 (édition Kiintzel et Hass) ; les instructions du 3 juin 1734 dans Ebman, Mémoires pour servir à l'histoire de Sophie Charlotte, 1801; le règlement des obsèques dans Poellnitz, Mémoires, t. II (1791), et l'allocution du roi à son fils le 28 mai 1740, reproduite de mémoire par Podewils (texte publié par Koser, au tome VIII du Hohenzollern-JahrbuchJ.
• Parmi les mémoires, FnÉDÉnic II, l\ MàRonAVE, Poellsitz et Macvillojx.
Ouvrages : Surtout les études souvent citées de Scumolleh et de V. Rebt- MEYKK sur le Testament politique du roi.