LE " GRAND DESSEIN
sance au mont royal (Regiomontanum, Kœnigsherg). Ces médiocres élucubrations furent pour lui un stimulant, presque une sug^gestion : ne s'est-il pas avisé, lorsqu'il révéla sa pensée à ses conseillers, qu'il s'appelait Frédéric comme celui de ses ancêtres qui avait acquis l'électorat, qu'il était de plus le troisième du nom, chiffre indiquant un nombre parfait! Le grand maître des cérémonies, Jean de Besser, a résumé plus tard ces arguments qui nous paraissent puérils aujourd'hui, mais ne laissaient pas d'avoir prise sur les contemporains.
Le projet que l'électeur et ses ministres, dans leurs lettres, désignent presque toujours comme le « grand dessein w , n'a pas eu pour origine une grande pensée. Le goût de la pompe et de la représentation, ou même tout simplement une blessure d'amour-propre, en a été la première cause. Lorsque Frédéric rencontrait son cousin, le roi d'Angleterre Guillaume III, et cela eut lieu plus d'une fois (I), son orgueil était mis à rude épreuve : le roi se faisait apporter pour diner un fauteuil, tandis que lui devait se contenter d'une chaise. Les relations des ambassadeurs et les mémoires de l'époque sont unanimes sur ce point, et racontent que Guillaume alléguait, pour s'excuser, la volonté des ministres afiglais. Si Frédéric II exagère en disant qu' « un fauteuil et une chaise à dos pensè-
(OEstcrreich u. Brandenburq), une série de livres consacrés à l'histoire du premier roi de Prusse : Gutther, Leben miel Thaten Friedrichs des Ersten, Konigs in Preussen, 1750; Horn, Friedrich der Dritte, Kurf. v. Brandenburg, Erster Kônig in Preussen, Berlin, 1816; Hahn, Friedrich I, Konig in Preussen, Berlin, 1851; Heyck, Friediich der Erste und die Begrûndung des preuss- Konigtums, illustré, Bielefeld et Leipzig, 1901 (dans la collection des Monographien zur Weltgeschichte). Puis, plus spécialement : Theiner, Herzogs Albrecht v. Preussen... erfolgte, und Friedrich I, Konigs von Preussen, versuchte Rûclckehr zur katholischen Kirche, Augsbourg, 1846; Albert Wad- DISGTON, L'Acquisition de la Couronne royale de Prusse par les Ilohenzollern, Paris, 1888; Bermer, Die angebliche Danlcesschuld des preuss. Staates gegen die Jesuiten, Forsch. zur brdg. u. preuss. Gesch., V, 1892; Stettiiser, Zur Geschichte des preuss. Konigslitels und der Kœnigsberger Krunung, Kœnigsberg, 1900 ; Friede.nsbdrg, JJie romische Kurie und die Annahme der preuss. Kœnigswùrde, Hist. Zeitschr., LXXVII, 1901; Hiltebr\>dt, Preussen und die romische Kurie in der ,?'"' Halfte des XVI F" Jahrhunderts, dans les Quellcn und Forschungen aus italienischen Archiven, XI, 1908.
(1) A la Haye en 1691 et 1695, à Clèves en 1696, au château de Gohrde en