ORIGINES DD PROJET
rent brouiller ces princes pour jamais " , il est certain que l'électeur fut froissé. Sa belle-mère, Sophie de Hanovre, rapporte qu'il échappa à l'affront à Clèves, en laissant le roi diner seul avec l'électrice, et au château de Gohrde, en prenant ses repas dans sa chambre ; ainsi seulement il évitait de « piquer le tabouret " . L'anecdote est caractéristique pour l'époque, mais elle ne montre qu'une des innombrables querelles où éclatait l'humeur pointilleuse du dix-septième siècle. Soit qu'il demandât pour lui-même aux autres souverains certains titres (celui de frère par exemple, ou celui de Sérénité) et qu'il refusât de céder le pas à des princes qui, comme le duc de Savoie, se faisaient donner de l'Altesse royale, soit qu'il prétendit assurer à ses représentants à l'étranger l'Excellence et les honneurs royaux, l'électeur de Brandebourg se vovait constamment exposé à de fâcheuses disputes. On conçoit qu'il ait cherclié à s'y soustraire en acquérant la Majesté royale.
L'exem[)ie des princes allemands qui, vers la fin du dixseptième siècle, s'élevèrent dans la hiérarchie des États (comme le duc de Hanovre), ou parvinrent même à la royauté (comme l'électeur de Saxe) , ne manqua pas de surexciter son envie. Personne n'avait plus de iitrcs que lui : n attribuait-on pas à sa },îaison une origine royale! Ses Élats u'élaient-ils pas 7'OYaux, sa puissance vraiment royale!
Voilà, au début, les raisons qui lui firentdésirer laroyauté. Mais bientôt il en entrevit d autres, <dus importantes. Telle, par exemple, l'idée, développée dans un mémoire autojfrraphe de 1Ô09, que la royauté l'émanciperait, ou celle, que présenta son conseiller l'gen, qii'elle ferait de lui le chef des protestants eu Allcmajrne. Sai-s j:)révoir peut-être toute la portée de Tacle qu'il voulait acconqùir, il sentit qu'en posant sur sa tète la cour nue il augniêntL'rait à la fois sou prestige et son indépendance.
Avant de prendre une résolution définitive, il consulta ses ministres. Il nt appeler trois d'entre eux, l^berhard Danckelman, François d:- jI. iuders et Paul Fuclis, leur comrau-