LE TRAITÉ DE LA COURONNE
d'aller se couronner en Prusse, et n'osait le faire sans être assuré du consentement impérial : il écrivit à Bartholdi de conclure sans chicaner davantage. Le 16 novembre 1700, le traité fut enfin signé, deux jours avant qu'on apprit à Tienne la mort du roi d'Espagne, survenue le 1" novembre.
Le traité de la couronne (Ki-ontractaiJ comprend quatorze articles et six articles séparés. Une courte analyse donnera une idée des concessions faites par l'électeur pour obtenir la dignité royale. Après quelques clauses stipulant le renouvellement de l'alliance de 1086 et l'appui du neuvième électeur, l'article VI fixe à 8 000 hommes le secours fourni eu cas de guerre pour la succession d'Espagne; en revanche, l'Empereur accorde le titre et les honneurs royaux à l'électeur, qui n'aurait pas prétendu (gemeintj se faire roi sans son consentement (article VU) . Frédéric s'engage à ne porter aucun préjudice aux droits de l'Empire ni de l'Ordre Teutonique (article Vlll) . Les articles suivants règlent les rapports de l'électeur-roi avec rEm[)ire et l'Empereur. L'article XIII lui assure 150.000 florins de subsides annuels en temps de guerre, moyennant la promesse de concourir à la réadmission de la Bohême. Les articles séparés sont peut-être plus importants et plus nouveaux que les précédents : les deux souverains se prêteront une assistance mutuelle pour leurs prétentions à la succession d'Espagne d'un côté, à celle d'Orange de l'autre; le futur roi recevra de l'Empereur les mêmes honneurs que les autres rois européens; il invitera ses successeurs à voter toujours pour un archiduc d'Autriche dans les élections impériales, mais « sans préjudice de la liberté du droit de suffrage » , restriction qui équiA'aut à une annulation ; enfin il s'en remettra à la décision impériale pour l'affaire de jMecklembourg et pour quelques autres.
On constate, en lisant ces articles, que si Frédéric a renoncé aux subsides en temps de paix, l'Empereur n'a pas obtenu l'exercice du culte catholique à Berlin, point qui lui tenait fort à cœur. D'ailleurs, quand on compare les conditions du traité de novembre 1700 à celles de l'alliance