DISPOSITIONS DES DANOIS ET SUEDOIS
pour plaider la cause de la Maison de Hanovre, qui allait être appelée à la succession d'Anj^ieterre, et Sophie Charlotte pour appuyer le projet de son époux, bien qu'elle en fût peu enthousiaste. D'ailleurs, à cette époque, la mort de Charles II d'Espagne et l'acceptation de son testament par Louis XIV changeaient la face des choses et provoquaient un revirement dans la politique des puissances maritimes. Après le retour du roi en Angleterre, Bonnet de Saint-Germain et Siméon Bondeli purent envoyer à l'électeur, l'un de Londres, l'autre de La Haye, des dépêches rassurantes sur les sentiments de Guillaume et du grand pensionnaire Heinsius.
Les dispositions du Danemark étaient médiocres, bien que le roi Frédéric IV eût pris des engagements formels en mars 1700. C'est que les circonstances avaient refroidi cette bonne volonté. Après son écrasement par Charles XII au mois d'août, Frédéric IV en voulait à ceux qui ne l'avaient pas secouru. Il était lié, toutefois, et ne pouvait qu'ajourner la réponse décisive que sollicitait Viereck.
Du côté de la Suède, ce fut pis. L'électeur avait fort négligé Charles XII, et même avait tout fait pour le blesser et l'irriter, en s'unissant aux Danois et aux Polonais. Peut-être avait-il entretenu du projet de royauté le baron Welling, lieutenant-général suédois, qui passait par Berlin en février 1700, mais l'envoyé de Brandebourg à Stockholm, comte de Dohna- Carwindcn, ne fut instruit à ce sujet que le 28 octobre. Gomme Charles XII guerroyait en Livonie, les ouvertures tardives de l'électeur furent mal accueillies. Le ministre suédois, Leijonstedt, ayant quitté Berliii en octobre, les relations diplomatiques se trouvèrent à moitié interrompues.
Par contre, l'assentiment des cantons suisses, travaillés par Emmanuel Bondeli, paraissait probable. La situation de Frédéric en face des puissances protestantes était donc plutôt bonne, en Fin de compte : la Suède seule se tenait à l'écart, mécontente et hautaine.
Restait la Russie qui faisait à peine partie de l'Europe. Le voynge du tsar Pierre avait prouvé qu'il y avait quelque