NÉGOCIATIONS AVEC GUILLAUME III
France. Pour l'Espagne et le Portugal, il se pressa encore moins. Falaiseau ne parla pas à Charles II, dont la mort le surprit, et il quitta Madrid à l'arrivée de Philippe V. Bergier, à Lisbonne, n'eut ordre d'agir qu'au début de 1701, et ne négocia qu'après le couronnement de Kœnigsberg.
En décembre 1700, on peut apprécier comme suit la situation des puissances catholiques, en face de l'électeur : le pape hésitant, les États italiens plutôt favorables, la France mal disposée, l'Espagne et le Portugal non consultés. En résumé, rien de très favorable.
Le résultat des négociations avec les puissances protestantes était meilleur, après être resté quelque temps incertain.
Les deux puissances maritimes, Grande-Bretagne et Provinces-Unies, avaient alors un seul et même chef, Guillaume d'Orange^ roi et stathouder, dont Frédéric était cousin germain. Guillaume avait été averti de bonne heure, notamment par Danckelman à Clèves, en septembre 1696; il avait répondu de façon peu encourageante, voyant dans le projet « de grandes difficultés et peu d'avantages » . Cette froideur avait arrêté les confidences, et Christophe de Dohna en 1699 n'avait pas eu à reparler de la dignité royale. Ce n'est qu'en avril 1700 que l'affaire fut reprise, mais Tettau, chargé de demander l'approbation de Guillaume lU, reçut le même accueil que Danckelman en J696 ; l'attitude du Brandebourg dans les négociations au sujet de la succession d Espagne mécontentait Anglais et Hollandais. Alexandre de Dohna, dans §on voyage aux Pays-Bas avec le prince électoral, fut plus heureux que Tettau : le roi, après avoir chevauché et chassé avec le kurprinz, quil trouvait charmant et très avancé pour ses treize ans, déclara quil souhaitait la prospérité de Télecteur, « comme la sienne propre » ; bref, il promit « qu'il ne serait pas le dernier » à reconnaître la royauté prussienne (septembre-octobre 1700). La visite des deux électrices de Hanovre et de Brandebourg, au même moment, contribua à bien disposer Guillaume 111. Sophie en profita sans doute