ATTITUDE DES AUTRES PU1SSA^"CES
de la Verne. Le roi de France n'accorda qu'au successeur de Frédéric le titre de Majesté (premier article séparé du traité d'Utrecht). Le même article stipula la reconnaissance parle roi d'Espagne, Philippe V, petit-fils de Louis XIV.
Le roi de Portugal, Pierre II, retenu d'abord par la France et par le Pape, ne s'était décidé qu'en juin 1704 à satisfaire Frédéric. En somme, sauf l'Empereur, le roi de Pologne et la plupart des États allemands et italiens, les catholiques firent attendre assez longtemps leur adhésion ; quelques-uns même la refusèrent obstinément.
Les protestants, au contraire, naturellement favorables à un prince de leur religion, se montrèrent dès le début bien disposés, à l'exception du roi de Suède, dont la mauvaise humeur ne devait pas durer. Les puissances maritimes se hâtèrent d'envoyer leurs félicitations, non seulement par écrit, mais encore par des envoyés extraordinaires (mylord Raby pour l'Angleterre, le baron de Wassenaer d'Obdam pour les Provinces-Unies, en mai ITOlj. Frédéric IV de Danemark, malgré la rancune gardée des événements de 1700, finit également par expédier lettres et ambassade (février-septembre 1701). Le roi de Suède, Charles XII, se tenait sur la réserve, hésitant entre son désir d'écraser Russes et Polonais et les propositions de la France qui conseillait une rupture avec le Brandebourg; l'envoyé de Frédéric 1" à Stockholm, n'obtenant rien, fut rappelé, et partit à la fin d octobre. Printzen, revenant de Moscou, ne fut pas plus heureux au camp suédois. L'affaire traîna jusqu'au traité du 9 août 1703 dont l'article V stipula la reconnaissance de la royauté prussienne.
Les cantons suisses, même les catholiques, donnèrent dès le 11 avril 1701 la déclaration désirée. Quant au tsar Pierre, malgré son regret de ne pouvoir engager Frédéric dans la guerre contre la Suède, il fit à Printzen l'accueil le plus cordial à Moscou; puis, après lui avoir remis une lettre de récréance flatteuse (28 août 1701), il chargea son ambassadeur à Copenhague, Ismaïlow, de porter au nouveau roi l'assurance de son amitié.