‹ Histoire de règne de Louis-PhilippeChapitre 1 sur 38 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

moindres choses de l'antiquité, et qui ne savent rien des événements qui se sont déroulés de nos jours.

Aussi les promoteurs de restauration monarchique ont-ils beau jeu pour présenter le gouvernement de leur choix, constitutionnel, parlementaire ou plébiscitaire, comme une sorte de panacée universelle, comme le remède suprême au malaise dont nous souffrons. Jamais peut-être les publicistes de la royauté ne se sont tant moqués de la crédulité publique.

Avec la résurrection de la monarchie, tout renaît, comme par enchantement, au calme, à la confiance, à la vie heureuse, à la prospérité sans fin. Plus de soucis du lendemain, plus d'émeutes en perspective, plus de craintes d'agression de la part de l'étranger. Les nations voisines nous tendent les mains, les alliances nous viennent en foule, les discordes disparaissent dans un embrassement universel. Jamais fée, de sa baguette magique, n'aura produit de pareilles merveilles. Mais l'histoire impartiale, inflexible et sereine, est là pour répondre. Toute cette fantasmagorie s'évanouit devant ses déclarations authentiques.

La Restauration s'était faite grâce au concours de l'étranger.

Je l'ai montrée s'efforçant, sous la double influence de la noblesse et du clergé, de ramener la France aux abus de l'ancien régime, et luttant, avec la plus aveugle des obstinations, contre le sentiment national. Aussi l'a-t-on vue, durant seize ans, se traîner péniblement d'émeutes en émeutes, de conspirations en conspirations, pour tomber un jour, non sans quelque dignité d'ailleurs, sous un coup de foudre populaire.

Elevée sur les ruines de la royauté de droit divin.

Page 1