‹ Histoire de règne de Louis-PhilippeChapitre 2 sur 38 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

sans l'assenliment du pays, par la plus injustifiable usurpation des droits du peuple, la monarchie de Juillet a-t-elle su du moins corriger les vices de son origine par un respect plus étroit des libertés publiques? A-t-elle eu l'heureuse audace de dénoncer les traités qui consacraient l'abaissement de la France ? A-t-elle donné davantage la sécurité du lendemain , assuré l'ordre dans la rue, fait l'apaisement dans les cœurs? On trouvera dans ce livre, écrit de bonne foi, sans parti pris, sans idées préconçues, sans autre passion que celle de la vérité, les preuves irréfragables du contraire.

Et pourtant la monarchie constitutionnelle avait trouvé un homme à sa taille. Si jamais roi sembla fait pour elle, ce fut assurément le roi Louis-Philippe. Personne ne s'entendit, comme lui, à donner satisfaction aux convoitises des classes dirigeantes, restées à peu près les mêmes que sous la Restauration, avec leur passion féroce du pouvoir, accrue d'une âpreté au gain inconnue jusque-là.

« Ce n'était pas un homme sans valeur, écrivais-je, il y a plus de quinze ans, dans mon Histoire de la seconde République. Il avait des qualités essentielles : le courage d'abord, dont il donna des preuves en plus d'une circonstance ; puis la douceur. C'était un prince débonnaire par excellence. Le sang versé lui répugnait. Et, dans la répression des troubles politiques dont son règne fut témoin, il se montra humain, plus humain que son entourage. » Je crois, du reste, avoir rendu, dans l'ouvrage qu'on va lire, pleine justice à ses vertus. Je m'y suis appliqué sincèrement Cela du moins m'a laissé plus libre pour mettre ses défauts en lumière et montrer combien est lourde sa part de responsabilité dans le long

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