‹ Histoire de René d'AnjouChapitre 37 sur 41 · NOIES · texte numérisé non relu

NOIES

mas retiré à Sarzane, s excusa sur son grand âge qui l'empêchait de se livrer au travail autant qu'il l'eut désiré. Il se contenta de désigner son neveu Pierre ou Petrino de Frégoze comme propre à cette djornité, et il fut élu h Timaniniité. On ignore l'année de la mort do Thomas de Frégoze dont la sœur Ponceline épousa Jeaii de Grimaldi Monaco; leur fille fut mariée à Pierre do Frégoze. (*)

La maison de Frégoze ou Campi Fulgyze^ éla}t originaire de la Campanie, et s établit à Gènes au S3* sië* cle; son nom signifiait teiTihle ou brillant.

Les armes de cette famille étaient: d'argent^ crenello de sable, avec la croix de Gènes en chef. Dominique Frégoze avait pour cri de guerre: Libertas.

Tliomas de Frégoze reçut en souveraineté la ville de Sarzane où il se retira^ en 1421, après avoir abdiqué* Ce fut de celte retraite qu'il chercha tout^ les occasionsi de recouvrer rindépendancc de Gènes.

(3) Cette famille (qui comptait et qui vient i^e perdre un des plus illustres princes de Téglise dans la perâonnc de l'historien de Uossuet et de Fénélon),conserve çjicore des lettres patentes de René, en date du 17 Déoèmbra I4r7, en faveur de Jean I®" , et do Jean II de Bausset son fils. Il leur donne le greffe de la sénéchaussée de Touion en récompense des services signalée qu ils laî ont rendus l'uu et l'autre.

La famille de IJausset possède aussi , en date du lit Janvier 1412, un passeport de René accordé à neble Jean II qui l'avait accompagné à Naples à la tcte de quarante cinq arbalétriers qu'il soudoyait, et avec les;

\^) Hist. des révolutions de Gènes, tome I. , p. aSg. 9167. Art Oevciifier les dates ; fol. 87^, 8;6. -~Le père Aoaebqei tome U, foi. 898.

quels il lui fut d'un gi*and secours contre ses cnaemis.

(6) Alphonse V, dit le sage et le magnanime, succéda, en I4It), à son père, Ferdinand dit le Juste, roi d'Aragon.

Ce prince, Vun des plus beaux hommes de l'Europe, réunissait à tous les avantages extérieurs, un génie vastct entreprenant, une activité sans égale, ainsi qu'une instruction protonde et variée et une rare éloquence. Ses manières étaient affables et généreuses sans cesser d'être nobles 5 mais ces rares qualités furent ternies par un penchant désordonné pour les femmes. Marie, son épouse, ayant fait étrangler par jalousie Marguerite de Hisar qu'il aimait éperduement, Alphonse au désespoir s'éloigna d'Espagne, el se fixa à Naples oji de nouvelles galanteries ne tardèrent pas à le consoler. Vers la fin de sa vie il était encore épris des charmes de Lucrèce d'Alagno.

Les savants, les historiens, et les poëtes favorisés par Alphonse ont prouvé leur reconnaissance, en lui prodiguant à Tenvi les éloges les plus flatteurs , et les divers trait» qu'ils en rapportent justifient assez leur enthousiasme. Un jour dit-on, ce prince s élança seul dans une chaloupe pour aller secourir une galère chargée de matelots, en s'écria nt; J'aime mieux être le (( compagnon que le sp-eclateur de leur mort. »

Un de ses trésoriers étant venu l|ii apporter vingt mille ducats, et les comptant devant lui. — « Que n'ai- « je cette somme et je serais heureux! dit tout bas un officier qui se trouvait présent. — (c Sois le, mon ami, (( s'écria Alphonse en la lui donnant sur le champ. »

On lui représentait le danger de se trouver seul dans les rues de Naples. « Un père qui se promène au milieu K de ses enfants, répondit ce prince, a-t-il jamais queU « que chose à craindre? »

Le Pogge, Philelphe, (ou Filelfe) Antoine de Palerme

« René assig;ne son douaire en cas de mort de son fils, <( sur la ville et chastel de Simetera, et la ville et la (( tour de Gemmare en Italie , avec la valeur de six millu « ducats d'or... plus trois mille livres tournois de renie « sur la ville de St.-Maximin, et la ville et chastel de ft Castellane en Provence. Plus trois mille florins surSaa^ « muret Loudun. Plus le duché de Calabre en propre....

« Lesdils seigneurs se promettent qu à la solennisa- « tion du mariage, nous, le duc de Bourbon, vestirons « ladicte Marie, et nous le roy de Sicile, Venjoyellerons « bien et convenablement, comme entre princes de la a maison de France est accoustumé.... Ds en jurent par (( la foy et serment de leurs corps, parole de roi et de (( prince. »

(23) Né de parents inconnus et d*une union illégitime, Jean Manget répara par ses talents, ses mœurs, la pureté de ses doctrines, ce défaut de naissance et obtint successivement la confiance entière de René, du duc de Calabre et de Nicolas d'Anjou.

Il existe aux archives de St.-Dié, une lettre de ce dernier prince en date du i3 Septembre 1 471, pour exempter Jean Manget de Pusage établi en Lorraine que les souverains héritaient de la succession de XonXe personne née et procréée illégitime hors léal mariage^

« Soit ainsi 9 dit-il, que notre ami, féal conseiller, ja- <( dis maistre d'cscole de nostre très chier seigneur et n père, que Dieu absolve, pourroit estre compris à ceste « coustume, (si de nostre grâce n'y estoit pourvu...) « Bien Informé des peines, diligences, occupations, série vices quil a soutenues, souffertes, supportées, et en « plusieurs manières, pour servir et instruire feu mon (( dict seigneur, en faict de sciences et de bonnes mœurs*.. (( Et puis, ayant regart à ce que gratitude est due aux « serviteurs qui, par leurs mérites sont de ce capables, <( rpxceptons, etc.

Jean Manget ordonna par son testament (1472), « que « sur sa fosse fut mise une tombé de marbre tioir, si « elle peust se trouver, et une épîtaphe..,. Il veut que « son livre du Maistre des sentences fut mis et en chaî- (( né âu-devant le siège du grand doyen. Item y le « nouvel testament en grant volume, avec la tierce parce tie de St. Augustin sur les pseaumes.

Le doyen de St.-Dié mourut vraisemblablement vers le milieu de 1474, car une lettre d'Yolande d'Anjou^ du 8 Août de la même année , apprend qu après le « trespas de Jean Manget, jadis escolatre et chanoine, « elle ordonna de faire saisir ses biens à cause qu'elle w estoit informée que le dit estoit illégitime et défec- « tueux de nativité.... Mais qu'ayant sçtt qu*il avoit ob- (( tenu dispense j elle renonce à tous ses droits au moyen (( d'une somme de huit vingt francs, une pièce d'or « appelée jubilet^ et une paire de cousteaulx à manefje « cristallin, la gayenne (la gaine), et manche argen- « tés, donnés et manuellement délivrés. »

Il paraît que le chapitre de St—Dié possédait tin riche trésor dont il lui était permis de disposer. Il offrit entre autres, au marquis de Bade, une tasse d*argent doré> pour en faire présent à la femme du bailli des Vosges, (alors en couches à Bruyères).

(24) Jean de Lalande, jurisconsulte très estimé à Aix^ mourut dans cette ville le 23 Mai 1477, ainsi que le prouve son épîtaphe découverte en 1790 dans Téglise des Cordeliers, par feu M. le président de St.-Vincens.

Lalande était représenté sur sa tombe, revêtu d'une robe à longues manches, couché dans une niche à htnemenls gothiques, la tête appuyée sur un coussin à glands, et coiffé d*un bonnet rond dans la forme de celui que portait ordinairement le roi René.

Son épitaphe était ainsi conçue:

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