X INTRODUCTION
toire de Jeanne d'Are par M. le Brun des Charmettes. La fin du règne de Charles VI, les attentats multi* plies qui amenèrent l'étranger au sein de la capitale, y sont décrits avec une énergique vérité et les ho* norables sentiments d un bon Français.
Nous nous résumerons donc^ en rapportant que l'histoire de René d'Anjou se trouve naturellement liée à ces souvenirs d'une époque si malheureusement célèbre. Les démêlés des factions de Bourgogne et d'Armagnac, la démence du fils de Charles Y, l'ambition des princes du sang, les criminels désordres d'Isabeau de Ba. vière, entourèrent, pour ainsi dire, Tetifance de René; ses premières pensées de gloire s'éveillèrent au récit du combat d'Azincourt où la noblesse française fut décimée, comme un demi siècle auparavant sous les rem« parts de Poitiers.Bien jeune encore, il eutàdéplorer les revers delà France humiliée, opprimée, envahie. Plus tard, se ralliant à cette même France conduite à la victoire S0U9 l'étendard mistérieux d'une simple bergère, il la vit renaître plus brillante, plus forte, plus monarchique. Après avoir concouru aux succès de la guerre, et an maintien d'une paix européenne que la philantropie des souverains du XV® siècle avait un instant rêvée,René,par un dernier bienfait, chercha à réunir à la couronne des Lys, cette Provence au milieu de laquelle il acheva sa carrière. Enfin, ce prince ne contribua pas moins à accélérer les progrès des arts qui, dissipant insensiblement les ténèbres d'une longue barbarie, présageaint la hauteur qu'ils atteindraient en Europe, dès qu'ils auraient brisé les entraves où les retenaient l'ignorance et le mauvais goût.
Nous croirions cependant affaiblir une partie de Tin-
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lërét que doit inspirer Thistoire de René si nous ne rappelions ici que ses descendants règ^nent encore sur le premier trône de la chrétienté ^ et que son sang généreux se mêle au sang de la digne fille d'Antoinette de Lorraine, comnie à celui de l'héroïque veuve d'un prince sitôt ravi à Vamour des Français!. ..
On nous pardonnera sans doute de n'avoir pas négligé des détails peu connus ou inédits sur plusieurs illustres contemporains de René, sur sa famille et sur quelques-uns des courtisans qui vécurent dans son intimité. On connaîtrait trop imparfaitement les rois et les princes, s'ils n'étaient jugés que par les événements politiques auxquels ils prirent part, si on les isolait des hommes qui les entourèrent de leur fidélité ou de leurs adulations , et surtout s'il était interdit de pénétrer dans les mystères de leur intérieur.
Aussi, tout en cherchant à offrir le tableau historique du règne de René, nous nous sommes également attachés à peindre les qualités de son cœur, à retracer ses goûts {avoris^ ses exercices chevaleresques, et cette bonhomie, l'un des traits saillants de son caractère, toujours loyal, toujours franc et confiant, comme s'il n'eût jamais été trompé.
C'est donc le particulier non moins que le roi , la vie privée de René, autant que les vicissitudes de sa puis^ sauce, que nous désirons exposer successivement aux yeux de nos lecteurs*, en un mot, c'est son hommerie , selon l'expression de Montaigne, ou la manière de son viWe^ ainsi que l'écrivait le secrétaire du bon maréchal de Boucicault.
L'examen et l'analyse des divers ouvrages de René ont exigé d'autant plus d'étendue, que relativement à la
xij INTBODUCTION.
littérature f^ aux arts, ce prince se trouve ea C[uf4^e i»rte iHlermëdiaire «nire un étsft toysib de la bai4iarip et la plus -étonnaiite dvilisation. On pouiraît m ème dire qisie le siècle de René fat IVrarere de cdxtî de François l^ et de Léon X.
11 paraîtra sansd^ale neuf etpiqnantàlafeis^^'^iidTer les progrès des arts dans les essais é*rm «envcraiTi tpi les cultiva «n artiste pins tfu'en amatenir, rt ^ suivre les faibles 'ooramencements die la poésie française , en parcourant les ceuvws naïves d'un bon roi. Dne oarioslté «iMée d'intérêt s'attacliera encore à -cet aperçu des^ compositions variées de ftené, en Bcmgesmt f[ue ce motiarique en fit ses délassements les plus doux, il y a près de quatre siècles, et qu'an hiilieu des traverses éont sa vie fut agitée, il puisa ses seules consola^kms ilaRs les lettres et la peinture, après les avoir vues embelltr tes jours si rares de ses prospérités.
DE
COMTE DE PROVENCE, DUC DE LORRAINE, etc.