‹ Histoire de RennesChapitre 17 sur 25 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Quelques mois après , Napoléon se faisait sacrer et coi>- FocuMT à Notre-Dame avec rimpératrice Joséphioe , par le pape Pie VU. Notre ville fut neprésentée à 6ette oéi^ monie par une députation, à la tébe à^ lnqodle était -le nniire , H. Lorin. Gelii»<cî «Mîliaa son séjour à Pian* eu obtenant la resdtutioa clés halles. Un- décret du 25 ven*' tâ^e an XUI dadam l'inoompëteDoe du préfet , et réintégra la ville dans sas anciens droits.

La fâte du connonnement fut célébrée dans nos msrs par des mariages, dont la eomnnine faisait les firai^ eit oArant la dot et le repas à% nooes aux époux. Les maris étaient choisis parmi des soldats retraités pour blessures.

M. Lorin fut continué dans les fonctions de maire , et Leperdit dans celles d'officier munieipal , par décret impérial, eur les présentations fiiites par les assenUées d^ canton. Un nouveau préfet, ^M. Bonnaiiv, sucoédait à M. Mounier , devenu banon et appelée d*autr«ia fonctions. Un nouvel évéque , Monseignenr Ëtienne^Célestin Enoch, succédait aussi à Monseigneur Maillé de la T^sr-liandiy, mort à Paris Ters la fin de Tannée préoédenio.

Nous devons noter en passant qoe Ton rétablit à cette époque Fusage encore existant de nos jours , de tonner la grosse cloche de Thoiloge pour convoquer les membres de la municipalité an conseil.

Pendant que Tempereur proposait vainement la paix à T Angleterfe , e| se faisait couronner roi d'Italie , pendant que la. marine française succoqibait à TmfUgar , et que 1 aniieal VîHenenve venait se enicider à Bonnes , chez M. Ledéan , h6tel de ta Ratrie, rue aux Foulons, notre villf

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poursuivait ses projets d'embellissement et d'utilité publique.

Le besoin d'une halle au blé se faisait sentir. On demanda pour sa construction l'emplacement et les matériaux de l'édifice commencé pour cathédrale. Cette singulière requête eût donné une étrange destination aux tours Saint- Pierre.

Le nouvel évéque (ut mis à cette époque en possession de la partie de l'ancien évéché ou maison abbatiale de Saint-Melaine, qui n'était pas occupée par le musée.

L'empereur , forcé par ses ennemis à de nouvelles victoires , venait de vaincre la Prusse à léna , et était entre à Berlin. Les Te Deum , les fêtes , l'enthousiasme populaire célébraient dans notre ville chacune de ces glorieuses batailles qui portaient si haut le nom français. La conscription seule, par ses coupes r^lées , refroidissait un peu la joie de tant de triomphes. Nos villes étaient dépourvues de garnisons, nos côtes sans défense, nos places fortes à peine gardées. Un décret daté de Berlin organisa les gardes nationales de France, dont le besoin ne s'était pas fait sentir depuis l'extinction de la guerre civile. Des sénateurs étaient envoyés dans les départements pour hanter cette organisation et surveiller l'esprit public. De nouvelles levées d'hommes étaient sans cesse demandées par le vainqueur, et complaisamment accordées par le sénat. La population murmurait en obéissant. Le zèle des préfets avait besoin d'être soutenu. Le sénateur Démont vint à Rennes (4 807).

Deux arrêts du conseil d'état venaient de maintenir notre ville dans la possession de ses halles, et elle obtint un décret qui lui accordait l'emplacement de l'ancienne cathédrale et les matériaux de la nouvelle , sous la condition de payer à la fabrique une rente de 2,000 f. remboursables en quatre termes. Une halle foraine était projetée sur la place Sainte- Anne; une autre pour la pois-

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sonnerie y au lieu dit le Brûlis , ati bas de la rue de Rohan. On sollicitait le rappel des frères des écoles chrétiennes.

Pour mériter tant de faveurs, on montra le plus de zèle possible. Un décret ordonnait de célébrer , les 45 et À 6 août de diaque année, *les fêtes de saint Napoléon et de la naissance de l'empereur. On dépensa 2,588 f. dans ces deux jours, et, quelques mois après, Tanniversaire du couronnement et de la bataille d' Austerlitz n'excitaient pas un enthousiasme moins dispendieux. Un soldat retraité et une fille sage , au dioix du préfet , furent unis et dotés en cette occasion par la commune , selon la forme usitée.

On doit remarquer, à l'éloge de l'administration de ce temps , dont le budget était loin d'être ce qu'il est aujourd'hui y que le tarif d'octroi soumettait les modes à une taxe, et dégrevait les aliments du peuple. C'est un exemple que l'on a trop négligé de féconder.

La modicité de ses ressources n'empêcha pas notre ville d'accomplir d'utiles travaux publics. Elle conmiença d'ouvrir la rue de Berlin; elle fit démolir la porte Saint-Michel ; elle agrandit le Champ-de-Mars, et fit construire la première serre au jardin des Plantes , alors dirigé par M. de la Yillarmois. Elle trouva moyen de payer un professeur de botanique et un conservateur du musée des tableaux , M. Logerot. Elle institua une école gratuite de dessin; elle accorda enfin à Tévêque une indemnité de 4,500 f. par an , pour la partie de l'évêché qu'occupait le musée.

Bien d'autres dépenses allaient tomber à sa chaîne. Au moment où elle s'occupait de pourvoir au casernement des conscrits , qui passaient par fréquents et nombreux déufîhements à Rennes, la maison de Saint^-Cyr, dont on avait fait une caserne , fut donnée par décret à la mère Eugénie, protégée de Madame-mère, et religieuse de la maison de la Trinité, dite du Refuge. La municipalité réclama et proposa vainement en échange la maison du Bon- Pasteur.

Sur coi entnefaites (4808) , 1« bruit du ^^yage de l*eaip6M«r en Bretagne m coufirma. DaD$ Tespoir qu'il pas-» serait i Renne», on vota des fnds de réédition que Ton fàt oblige de prendre sur les fonds destines aux pâma. 4,300 (. fiirent consacrés à rex^ontiou d'un portrait en pied de Napoléon , dans son coslaime du opurenaement. Ce travail destiné à )'oruenient de la grande aaHe do la mairie^ fut confié k M. Logerai.

Déjà deux compagnies de gfa^des d'honneur , l'une d'infanterie , l'autre de cavalerie , s'étaient organisées dès la première nouvelle (une troisième se forma plus tand ) , et la ville arrêta qu'il serait donné à chacune d'elles un guidon en velours naoarat relevé d'une broderie en or , avec cette inscription : A Napoléon le Grand , la ville reconnus* santé ! Pui» suit angles ^ des N surmontée» de la couronne impériale , et au revers oes mots i garde d'honneur à c^ieval^ ou gaiiée d'honneur A pied. Dès le 8 mai , la compagnie de cavalerie reçut le stenaveo une solennité qui prouvie que tout autre Intérêt était absoribé par celui de l'approche de l'empereur , grandi encore, e'il était possible j depuis Fried* land 9 Ti|si^ et k promulgation des codea.

On ne s'occupMf que des pnéparatifa de la léoaption présumée de l'empereur et roi. On invita M. le préfet à en donner oonnaie$ance au ministre de l'intérieur, et l'on inaugura le portrait impérial dans la salle de k mairie. Une distribution d'aumônes fit participer les pauvres à k joie publique.

Mais au milieu de tout ce mouvement^ l'administration municipale est toot-è-coup changée. M. L9n9 <*t rempkoé dans les fonctions de maire par M* de la Bouidonuayedc Blossao. Cependant Leperdit est Qonservé dans le conseil. De nouveaux fonds sont votés par la municipalité. Les préparatifs sont entrepris sur une base pkn large. L'hôtelde-ville , le présidiat y révéché , sont destinés à Tempereur et sa suite.

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Le àépuMiùffM flit appelé à oottoourir à toutet ce& dépettsef . La compagnie ^'infcnterie des gardai d'honneur reçut à $o« tour aon guidon aveè k mena «oleanité fpe la eompignie à dievaU

llab bîenl6t le maire annonoe an conseil que « Sa Ma- » jesté l'empereur et roi esl attendu à Nantoi le 8 août » prochain; que son animée y est certaine ii cette époque; » qu'au très^grand regret de la Tille de Rennes , après un » iéfoiir de deni: jours à Nantes ^ il se rendra directement à » Paris par Angers. » Il proposa de former une députation chargée de porter au sourerain « l'expression du TÎf amour « des Bennaîs pour sa personne sacrée , dss regrets qu'ils » ont témoignés lorsqu'ils ont été assurés qu'ils seraient » dans le moment actuel privés du boohenr de le possé- 0 der à Rennes , et enfin de Tespoir et du vif désir qu'ils

• consenraient de le voir à une autre époque , la plus » rapprochée possible. » Cet espoir derait se renoureler encore k quelques années de Ek , et jamais se réaliser*

La députadon désignée par la voie du scrutin fut oom^ posée de MM. Bapatel| Leperdit^ d'Ârmaillé et Petit. « L'empereur ajrant, avec bienveillanoa, remarqué plv » sieurs Cois sur son passage dans U ville un certain » nombne de gardes d'honneur de Rennes , il leur avait » fait dire par son ezoeUenoe le ministre secrétaire d'éiat » qu'il leur permettait d^acoompagner la députation de la » ville. En conséquence ib se trouvèrent réunis sur la » place du Cours. La dépuution en les rencontrant desr » cendit de voiture , traversa la place avec eux et entra

• dans les a{qMUP(ements. » ( C'étai^t ceux de ta préCéo*' ture. )

« Un moment après y l'empereur fit dire par son cham- » bellan à M. le maire d'entrer seul dans son cabinet. » Dans cette audience de quelques minutes, le maire vit » avec plaisir que Sa Majesté rendait justice au bon es«- » prit qui anime les habitants de Rennes. Il saisit avec

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» une grande satisfaction l'occasion de confirmer une opî- » nion si flatteuse et si méritée pour la ville. Il revint » ensuite rejoindre la députation avec laquelle il fut in- » troduit y accompagné de tous les gardes d'honoeur de » cavalerie et d'infanterie qui s'étaient rendus à Nantes • au nombre d'environ 2S à 50. »

« L'empereur répondit avec bonté et afiabilité qu'il » était fâché de ne pas pouvoir en ce moment visiter la >» bonne ville de Rennes. Il donna l'assurance positive » qu'il se rendrait le plus tôt possible aux vceux qui lui » étaient exprimés à ce sujet. Il daigna adresser indi^- » duellement quelques questions aux membres de la dëpu- » tation et des gardes d'honneur. »

Leperdit fut du nombre de ceux qu'il entretint le plus longtemps. La relation officielle n'a pu nous conserver les détails de cette entrevue , où le maire républicain montra tant de dignité devant le grand homme qui l'interrogeait, en marchant plus qu'il n'écoutait, selon son habitude. Napoléon tenta vainement de faire fléchir ses opinions républicaines. Les propositions les plus séduisantes ne réussirent pas mieux que les raisonnements les plus adroits y les plus logiques en apparence. Tète de fer! s'écria-t-*il en le quittant. Plus tard, à l'occasion du baptême du roi de Rome, le nouveau maire de Rennes, M. de la Bourdonnaye de Blossac, fut décoré de la croix de la légion-d'honneur, qu'on avait naguère demandée pour Leperdit. Celui-ci revint avec son calme digne et haUtuel aux travaux de sa profession et à ceux de l'administration municipale, dans laquelle son bon sens savait toujours ouvrir des avis utiles et estimés.

Depuis le passage de l'empereur à Nantes, notre ville n'avait cessé d'être inondée de troupes qui se rendaient en Espagne , sans séjourner. Bientôt de nouvelles victoires vinrent apprendre les exploits des braves que l'on avait quittés naguère épuisés de lassitude, mais non de

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courage. Napoléon était entré à Madrid, et notre ville r célébrait de nouveau par des Te Deum et des fêtes les

triomphes de son empereur.

On ne songeait guère alors à autre chose. Les élections qui émeuvent aujourd'hui le pays passaient presque inaperçues. On avait cependant conservé une ombre de droitspolitiques à une classe fort restreinte de citoyens , qui renouvelaient le corps législatif par cinquième. Le tribunaty d*abord réduit , avait été supprimé. Ufieillait encore une dictature pour tant.de combats. Pendant que Napoléon et ses généraux terrassaient T Angleterre en Espagne , on allait réélire en France une partie du corps législatif. Le cardinal Fesch vint présider à Rennes le collège électoral y tandis que le comte Defermon j ministre et conseiller d*état y présidait celui de la Mayenne. Notre ville , qui trouvait toujours en ce dernier Tun de ses plus dévoués protecteurs, l'invita à venir dans ses murs. Mais l'absence de l'empereur interdisait les congés. Notre compatriote dut se refuser à l'empressement de ceux qui voulaient lui donner un nouveau témoignage d'estime et de reconnaissance, et se bornèrent à lui adresser ofBcidlement l'expression de leurs regrets.

(4809.) La cinquième coalition s'était formée, pour donner , on le croirait , à Napoléon , l'occasion de nouveaux triomphes. Les fonds alloués au budget de notre ville pour les fêtes pubhques étaient devenus insuffisants; il fallut les augmenter. Cependant bien des dépenses plus urgentes réclamaient l'emploi de nos ressources financières. On s'occupait de construire la. halle à la poissonnerie ; on élargissait le pont de la nouvelle rue de Berlin , qui d'abord n'avait été qu'une simple passerelle destinée aux piétons; on donnait des secours aux sœurs de la Sagesse.

La municipalité , renouvelée à cette époque en partie , par décret du 24 mars 4809, car l'élection ne descendait plus à ce degré de la représentation nationale, la muni-

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dpslirt 'fin obligM de pourvoir à la ganb de la ^ilèa m erèrnut une compagnie de oîaquante hoiiiiMB toui le tita de guet. Les conscrits ne restaMvt paa même à ae {braHt dftM Im gartiisona.

(4M0.) Kapoioan^ aprèa astfoir fioveé T Astiidie i k. pais par une secoada entrée à Vkone et la vîettwa de Wi^noa, était lertna à Pans entooré deeoUrtîaat» rnnrrmnr'n HTinnj ville eut biealâe à partager k douieor de la Fiiuuwiu eo appreaatit que le acnat ayait pronoqOB la diHoltniaa êm fiMpriâge de rempareur et de îosépbine^ et ffxmê dtMliciise d' Autriehe allait lemplaorr sur le tiAae de Fr celle dont le dévoÙBaeot se manifestait par oette swMiipe et nouvelle pren^ie. Une partie ds l'amour dea Tcancais ia floivit dans sa retraite ^ où elle eo^portait la Caetune de Napoléon.

On ne s^en doutait guère akes que tonrt rcicotîaaaît du fcmie da mariage impérial. Notre aranîeipalité aigna Tadresse d'usage et vota 6,000 fir* ponr ks âtea, qui furent oéiébréea k 22 avril. Elk y maria et dota dix militaim retraité» ; c'était son contengcnt dans les €,060 mariages ordonnés dana l'empine. I^a .oaidmanks fwent celles que nous avons déjà décrîtea^ fi ne n'est que k maire donna de plus l'allianoe^ k bouquet et les gants, et que le sotivaùt de l'évéïiement dlaîft eon^gné snr l'an* «eau , par k dote et k nom de k vile, ' Toua cea feaia si souvent lenfnvtdés da'empâckkeiit pae ks tnMwniK puUfes.,de faBvrqndqeea.pMigrBa. Ik dépôt da fat établi anaL.Daniei«*Bucks^ nmlhnmffaieqminBi étaient videusea, et nn lien doA'amékupqr^ od l'a anpprwié. On organisa l'école il'éqiiitatton dont on avaie enfin obteaai la fiouitkn à Bennea; on instalk un amphithéâtre d'anatomie an cimetière SaintrEtknne; on reetîik k méridien de Ihôtekk^ille ; on proyela plua en* oore qu'on n'aoeon^it.

(4»44.) La fête dn nuonage de Napoléon (ut bientôt suivie de celle de k naissance de son fik.

vanosBM DIE uBBoms. 511

La joie. publique n'dUeftdit pu» o^tte êmb, pcMir «e aianifester, lai Ordres ipoDicîpMi:^. La viU« ftUlumiaa d'eUe- «léme; let danies se {otmèreiit sponUâémeot. Le nom de Marie-Louise commeiiça d'a¥oir une paft dans Fajxiour de la. Dation pour Fempereiir; ùa onit alors seukttient que Vimpératrioe poumâfc deveiur française.

Pendant qu'à Bennes om ^'oeoupait das jun^arotifs de la fête du iMiptéme , et que les vers de no» f%itm ohan* laient Tawinr du fils de Thonmie jusque sous la plutne latine des éleveri du lyeée itnpérial , U bruit se répandit tout-à*coiip que Tempefeuv alliiit traTeraer le département d'Ule-et-Vikine ; mais Henns» ne se trouverait poînt en* eore sur sa roate ; il se rendrait à SaininMalo en pasfant par Dol et Fougères. C'est dans la première de ces 'filles que la députation y dont Leperdit cette fois ne fit peint partie^ fut chaiipée de présenter à Napoléon l'iMliesae d^ notre municipalité.

L'étoile ioqiérîale ne devait plus passer dans notre cîd breton. Le maire de Bennes, M. de la BeuxdonHaje dt Blossac f fut mandé à Paris y comme loeux de toiiM les bonnes villea de France , pour assister au biipttoe du roi de Borne; deux députés raoeompagnètent , MM. Petit, négcx^ianty et Moncuit; leura geœ. portèrent lu livrée de la vilée.

La députation , k son retour de Paris f déposa sur le bureau de la municipalité une médaille commémorative en or y qui lui avait été dnanée pour la viB<; ebacian des membres en errait reçu une paraîlle d'un plus petit «qodule. Us rapportèrent aussi un décret impérial qui auto-» risait notre cité à porter des arosoiries « d'bermines au f chef des bonnes villes de l'empire , qui est de gueulel » à trois abeilles en fasced'cr ; ayant pour livrée, bleno^ » noir, rouge ^ jaune ^ pour ornements extérieut» une >» couronne murmh à sept créneaux ^ sommée d'une siigle » naisiante , le tout d'or » soutenu d'un caducée en fasce

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» du même, pose au-dessus du chef avec deux festons » servant de lambrequins y Tun à dextre de chêne, Tautie » à senestre d'olivier d'or y -noues et rattachés par des » bandelettes de gueule. »

Ainsi furent supprimées les anciennes armoiries ducales de la ville de Rennes. Là est l'origine de la couronne murale f qui depuis a pris illégitimement la place de la couronne comtale.

Le maire 9 qui en cette ciroonstance avait été décoré comme tous ses collègues, de la croix de la légion-d'honneur , n'obtint pas toutes les autres fiiveurs plus réelles qu'il avait été chaiigé de demander pour la ville. Ainsi la manufacture des tabacs dont on avait sollicité l'établissement à Rennes , ne nous fut point accordée ; la maison de Saiot-Gyr, qui avait été 'donnée à la ville par décret du 49 juillet 4840, pour caserne, réclamée d*abord par la mère Eugénie, fut enfin remise à M"*^ Depry, supérieure. En revanche il fut décidé que le canal d'Ille-et- Rance ferait sa jonction avec la Vilaine dans nos murs.

(4842.) Des temps rigoureux se préparaient. La France était appelée à faire de nouveaux efforts pour vaincre ses ennemis , et elle était menacée de la disette. Des inquiétudes graves se manifestèrent dans notre ville sur ce dernier point. On ouvrit des ateliers de travaux publics ; on vota 50,000 fr. pour établir un grenier de réserve; 450,000 fr. pour achat de grains; On prit des mesures sévères pour l'approvisionnement des marchés.

A la nouvelle du désastre qui suivit nos victoires et l'occupation de Moscou j le premier ban de la garde nationale se mobilise en cohortes, auxquelles notre cité fournit son contingent avec enthousiasme. Quatre cent mille conscrits accourent à la voix de Napoléon. Notre ville offre vingt-cinq cavaliers équipés à ses frais.

(4845.) La sixième coalition s'est formée contre l'empereur. Rennes lui renouvelle l'expression de sa fidélité

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par une adresse. Les gardes d'honneur , créées à l'époque du passage de Napoléon à Nantes , étaient appelées à tenir leur serment y et s'équipaient à leurs frais pour voler au secours du pays. Notre ville fournit son contingent aux dix mille demandés par le sénat. Les alliés sont de nouveau battus; chaque victoire est accueillie par un cri d'espoir enthousiaste ; on dévore les bulletins ; on se réunit dans les lieux publics pour les lire en commun. Le congrès de Prague fait espérer un instant la paix ; mais la guerre renaît bientôt y et Rennes apprend avec indignation que Moreau est dans l'armée ennemie.

Le conseil municipal de Rennes fait une adresse à l'impératrice reine et régente , en l'absence de Napoléon. On s'empresse d'organiser les gardes urbaines chargées de remplacer les garnisons à l'intérieur.

(4844.) Cependant l'orage approche 'rapidement. L'ennemi a passé le Rhin. Un bruit sinistre se répand ; Paris est investi ; Paris a capitulé y malgré la généreuse et inutile résistance des écoles , de la garde nationale et des invalides.

Notre ville attend , tête baissée, les événements qui vont suivre une si grande catastrophe. Le sénateur comte Caudaux commande à Rennes. Une députation du conseil municipal se rend prés de lui a pour lui rendre compte » de la situation des esprits et se concerter sur la con- » duite à tenir pour empêcher l'effusion du sang et les » malheurs dont la ville est menacée. * Il y régnait une certaine effervescence royaliste , dans le but de proclamer Louis XVIII, à l'exemple de Bordeaux. Paris ne l'avait pas fait encore.

Avant que le prince exilé débarquât à Calais , mais alors que Napoléon y trop grand pour faire la guerre civile , avait abdiqué à Fontainebleau y et partait pour l'ile d'Elbe, notre ville signait une adresse au roi, et nommait au scrutin une députation de quatre membres pour accom-

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pagner le maire à Paris ^ et la préMnter au nouveau monarque.

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