CHAPITRE VII
EPOQUB GOIfSULAIRB.
BOMAFAATE Fftnnim OOHSinL.
La dictature militaire entre les mains de Bonaparte «l'effrayait personne. *La révolution s'était faite sans efiusion de sang. On apprit en même temps la suppression du directoire y la formation d'une commission consulaire présidée de fait par Bonaparte , et le projet en Toie d'accomplissement d'une nouvelle constitution. Elle est bientôt j>résentée à l'acceptation du peuple , toujours consulté pour la forme , et qui d'ailleurs cette fois se jetait arec joie au-derant du maître qu'il se donnait. Trois côtisttls disposent du pouvoir : Napoléon Bonaparte est le premier ; les deux autres ^ient Gambacérès et Lebrun. Un tribu* nat discute les lois, un corps l^;islatif les décrète , et un sénat les conserve.
L'administration municipale de Rennes s'empresse d'à* dresser aux citoyens consuls un long exposé justificatif de la situation politique de la ville.
(4800.) Quelle ne Ait pas sa stupeur, lorsqu'au milieu des efforts qu'elle faisait pour accompKr ce qu'on exigeait d'elle, l'arrêté des consuls vint la frappei* d'une mUe k&fê la constitution. Cette mesure s'étendait à «ont le dépaiv tement , ainsi qu'à ceux du Morbihan , de la Loire^Inft* rieure et des G6tes*du-Nord.
Oo avait attendu autre chiMe du 48 brumaire. Bnme était déjà daos le Morbihan , agissant avee rigueur contre les rebelles , et les forçant de signer une pacification y qm ne pouvait être plus sincère que les autres, maïs quel'oa espérait maintenir par une police ferme et active.
Bientôt le général qui était venu recommence* l'œuvre de Hoche fut annoncé à Rennes. La garde nationale prit les armes pour le recevoir ; les citoyens se portèrent en foule à sa rencontre. L'administration municipale se raidit à son hôtel pour le complimenter. On pensait que son appui allait faire lever l'interdiction qui pesait sur notre ville.
En effet, le lendemain de son arrivée, Brune déclaia que Rennes, ainsi que les départements int^^ts, rentrait sous l'empire de la constitution consulaire. La joie se prononça grande et unanime , bien que l'état de si^ fô( encore maintenu. On profilanu^ la déclaration solennellement dans nos rues au son de la musique. La municipalité fit une adresse aux habitants , et son président , le citoyen Parcheminier, fu,t chargé d'exprimer au vainqueur la reconnaissance publique.
On n'oublia pas non pbis ceux qui avaient généreusement ouvert leurs bourses pour l'acquittemeot de Timpôt, à bref délai. On leur vota des remerciments , et on s'occupa de rembourser leur& avances, mais cin ferma ob^ tinément les caisses publiques au général > qui voulait f puiser avant d'y être au^>risé ,' et mei^^içait de les oairrir de force. Le despotisme militaire, «e vit obligé de rentrer dans la légalité et d'attendre l'antoTiiiaition consulaire.
Par un arrêté des consuls, en date du 28 pluviôse, e^ conformément à la nouvelle constitution, le territoire français avait été divisé en (préfectures et sous^préfectures ou arrondissements communaux, M. Borie fut noo»»^ préfet dllle<et-Vilaine. On ne pouvait ftire un choix pl^^ agréable à notre ville. Le souvenir du patriotisme éclaire
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de Vanden sénéchal , président du tiers, n'était pas eflbcé dans l'esprit de ses concitoyens. L'administration manicipale lui adressa aussitôt ses félicitations , et la réponse du nouveau préfet témoigna de l'affectueuse sympathie qu'il avait gardée à notre cité.
Celle-ci avait besoin de l'administration sage , sous laquelle elle allait retrouver son calme habituel y pour réparer les pertes qu'elle avait éprouvées par le contr&-c6up de la guerre civile.
L'armée , commandée par Brune , n'avait point passé à Rennes sans y faire des réquisitions , dont le poids se ferait longtemps sentir. Et au milieu de cette détresse , un arrêté du 26 octobre supprima les dépenses municipales. Les membres de l'administration voulurent se retirer. Une lettre du préfet les engagea à rester à leur poste jusqu'à k nouvelle organisation prescrite par la constitution de l'an YIII. Ils y consentirent, et leur dévoùment méconnu s'attacha à donner une dernière preuve de zèle pour les intérêts de la cité qui les avait élus deux fois. Dans un long rapport adressé à ceux qui leur succéderaient , ils donnèrent d'excellents conseils , de précieuses indications sur tous les points de l'administration municipale.
Une lettre du préfet, pleine d'éloges flatteurs, vint rendre justice à leur dévoùment, lorsqu'ils cessèrent leurs fonctions. « Le gouvernement , dit M. Borie , a sans doute » approuvé votre administration , puisqu'il a choisi parmi » vous la moitié de vos successeurs. » C'était en effet la plus solide preuve d'estime qu'il pût leur donner.
La nouvelle administration , qui eut pour président M* Lorin , conserva' aussi Leperdit. Ils ne prêtèrent point de serment. Cette formule , usée par tant de parjures forcés ou volontaires , avait été supprimée par la loi du 2^1 ni«vôse an VIII. Ils firent, conformément à cette loi, la promesse d'être fidèles à la constitution.
Ce fut avant leur installation que Ton apprit à Rennes
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la nouvelle insurrection pvéptrée par Georges Oidoodal en Bretagne I à sou retqur d'Angleterre; sa QomiDatkm par le& princes ëmigréaau oonunandeaifsit de riUd-et-ViUÎBey à la place de M. de la Prévab^is , qui a'vait touIu rester fidèle à sa parole , et avait envoyé aux consuls 65,000 fr. destinés à rinsurrection; l'explosion de la machino iafermile qui avait failli trancher la vie du premier «xinsi^ à son retour d'Italie, et l'arrivé de. Bernadonte en Bretagne pour étouffer cette chouannerie.
(4804.) La paix de LunéviUe vint bieojt^ réttoir t«as les esprits dans un mime sentâiae^t de joie et d'admiration pour le premier consul* La nsunicîpalité , en ouvrant sa séance au cri de vive la lépubli^e I vota et signa sm>^ le-champ une adresse d^ féliciMitions à Vhéureux négociateur. Elle n'oublia pas le général A(o^n^ii ^ el lui adrssca des témoignages flatteurs pour la. part qu'il avitst piîeeù cette paix par ses victoirea,
. Rien ne vint plus troubler, poij^r longtemps .du i^ioîna, la paix ^i nécessaire foe notre ville du| y ainsi que la Prance , aux victoires et à la fermeté de son nouveau maître. Le seul événement qui vint la distraire du soîa de ses intérêts, {^M. la feipmatioa àfis nouvelles Ust^ électorales.
Ce fut un moment, d'aninwtioa poUtiqne <pii no détourna pas cependant des autres intéiièts. On demanda le rappel d^ religieuses hospitalières à Saint-Yva& et des filles Saint-Thomas à l'hospice général. Elles y ftureut rântégrées l'année suivante» On s>'ocoupa d'un projet de poot pour conduire au Champ-de-Mars ,. dans le prolongement de la rue Egalité. On n'y parvenait alors que par la rue de, la Qrippe, ou par un pont en bois situé dans ladireo* tioo de la rue du Lycée; mais ce dernier avait été cuupé pendant l'état de si^. C'est aussi à cette époque qu'on établit pour la première fois et qu'on distribua , à l'hospice général , des soupes à la Rumford pour les pauyies..
N^^us derwM ooler ki «000» lUfee lengw disMmon jch dîonire (fsàj à paitte teaninée avec FEtat , fe€Oint»éi|Çft au S«j0t de la propriété dca halks «vac M^ de ChêlTcMH taînes^ hérâtHoa du comte de Pontaat , ip» les avàk !<yb^ teoifte» à lifete <le fieDcasanii oa d'indemnité. Lêb incî^ifia da cette paooédiire^ qui .se prdongoa biea des aneéea'éiH ceve^ se namntteaaaa plue d'une toi» mr notre mme. Neiaa les netarqns au "pwêikgii , juftfu'à la solutioft défini* ùfwe cfÉt, apaès des dlaiioas irarises^ &A en fiiveur de Vfi^ da CbeffiHriaiiifls.
( An X. } Pouir le aMttient , la irille «esta pnopriétaîre ^ et s'occupa ^ daessea ie.faîlaii de ses besoins et de ses BÉBsouraes^ aiais ea 4fd r4M9Bapa sumnit, ce Ciit )a réei^ gaoisation de ces étabUssemanta d'édacatsea paUi^iie qui ftâsaieut jadis l'uae des basse da U. pasapésifiàdautetFaTiHe, sa que le.dasotdve.réaolatiônassiea'ndt amponés^ M tie Uat&nt^ selon soa waga^ que la prîadipe ài la pAsee de 9m qu'il détruisait* Im pséfat fnt invité à demander) • ««eo hss pins inves iustànoia^ au gouturu^siant , psur I» itAle de Bennes, une école spéciale de médkdney une école.dé l^slatioa et un Lycée. Le collège ^ la oiaissu da Kergus, le cwleraal éTâcbé al le iuané|^ fiisaut proposés peur sacnoir ees éfiaUi^aamasda* Elle faisait tsleîr à rif)pat' de SA desMude sa position au milieu deatsisres qui lu pritiM des moyens de richaise et de prespémé ^e fourbie le eameseree ; le aombre des lesaouroes qu'die avaia pe^èlues par la ruine des établbsements dont l'a^aienc dotée les ,éfeiits»
JUa gott^amement consulaire prit cette demande eu eee^ sidéraitioU) grtee à l'appuik de M. Befermon , auquel on Tola dae jeanesouiieuts.
£» amendant le stiecès da sa reipiâte , la TÎlle fut obli-f/é^ de disposer de Véuèshé qu'aile a^ait offert* Ler eenoavdait «fuii été signé entre Pie YU et le poemier eoBsul-; ua newel érèfae arrivaiÉ dans jm>s mues* M. Baïuau de
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Girac avait donné sa démission, et Monseigneur Jean» Baptiste-Marie de Maillé de la Tour-Landry venait oocuper le siège qu'abandonnait son ancien possesseur. Il fut accueilli à Rennes avec tous les honneurs compatibles avec les idées nouvelles , car il y avait un siècle d'événenients entre sou installation et celle de son prédécesseur. La municipalité envoya une députation pour le saluer à son arrivée , et Leperdit en fit partie. Le maire porta la parcde.
A peine venait-on d'adresser des félicitations au prélat, quil fallut exprimer des r^[rets.au préfet sur sou depart. M. fiorie était appelé à l'assemblée législative ^ remplacé par M. Mounier. Le maire j au nom du conseil municipal ^ lui remit une lettre flatteuse , et la copie de la délibération où elle avait été votée.
C'est sous l'administration de son successeur qu'il lut question pour la première fois de l'établissement d'un polygone sur la lande de la Courouse, pour compléter l'institution de l'école d'artillerie, dont les exercices se faisaient sur la lande de Telle. MM. Lorin , maire , et Loysel, secrétaire , furent envoyés à Paris pour solliciter cet établissement, ainsi que ceux déjà denumdés.
Le moment pouvait paraître favorable. Uii senatus-consulte, qui avait changé la constitution, venait de prodamer Napoléon Bonaparte consul à vie, et notre vilk s'était empressée de lui témoigner par une adresse « 1 al- » légresse générale qu'avait excité cette nouvelle dans la » conunune. »
Une autre faveur encore était demandée au sénat et au tout-puissant consul. Ce dernier avait fait créer la légiond'honneur. « Le conseil municipal , considérant qu'il était » de son devoir de faire connaître au gouvernement ceux » qui avaient des droits à la reconnaissance puUique , » arrêta d'inviter le sénat conservateur à comprendre le » citoyen Leperdit dans la formation de la légion-d'hon- » neur. » Leperdit , comme tant d'autres qui l'ont mé*
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rite depuis j ne fat point décoré. L*oiibHa-t*on ? Refusa* t-il ? Nous n'avons pu le savoir. Le témoignage d*estime que lui donnaient ses concitoyens, par cette honorable démarche , eut sans doute à ses yeux plus de prix que rétoile Napoléonienne.
Notre ville , peu accoutumée aux faveurs gouvernementales sous le régime consulaire , fut privée à cette époque de la possession de ses halles , qu'un arrêté du nouveau préfet, en date du 2 fructidor an X , rendit à M™^ de GhefFontaines à son retour d'émigration. Mais la victoire en changeant de c6té ne fit que rendre la lutte plus ardente. La ville qui succombait à son tour chercha un appui qui la fît triompher de nouveau.
( An XI. ) En attendant , et comme un heureux présage, le maire revint de Paris, comblé de promesses, et racontant avec enthousiasme le bon accueil du premier consul , qui lui avait parlé de « son vif intérêt pour la » Bretagne et pour Rennes en particulier. » Les conseillers d*état Defermon, Bigot-Préameneu et Petiet, le se-. nateurLanjuinais, le tribun Malherbe, le législateur Borie avaient promis d'appuyer de leur crédit les demandes de la ville.
Chaque cité cherchait à réparer ses pertes à l'aide des bienfaits du pouvoir. Chaque chose rentrait dans son état normal. Le culte nouvellement doté par le concordat , et depuis longtemps rétabli dans notre ville , n'y avait cependant point encore de temple spécialement désigné, et qu'un caprice du pouvoir ne pût lui enlever. II avait dû, conformément à la loi , recouvrer ceux qui n*avaient pas été vendus ; mais la commune et l'état en avaient disposé. Quelques-uns avaient été rouverts , il est vrai , et nous les avons indiqués, mais il fallait que la restitution fût légalement constatée , et que la commune prît les réparations à sa chaiige , ce qu'elle fit de bonne grâce sur une simple lettre de l'évéque , en désignant les églises deSaint-Melaine,
du CçëégPf deSidiK-SButreury dt$ Auguatioa, wjoiaid*hiiî le ûouTeMi SMiil»*Eti6one , et Samt-Aubiftf puis elle eliaiv ^ aou «rohîtect« du dens des r^aratiow à iuie.
L'^g;lise des GordeUer» fui akm cédée à TartiUme «d échange de celle des Augustins qui lui ataii été abandon- Jl^oonuae magasîo^ et M. Saintp-Marc^ acquéreur. a*exî<-* gea auowe indaniotté pour cette concession à laqueUeil 0Ût pu s*oppoaar.
La coAsoriptien ^ eette plaie jeune encore du régime qui 49Dnimençàit , ftit à cette époque un événement pour notre nlle. La imriièrè dont elle s'opém n'était pas alors ce qu*eUe f«t depiftîa* ht oooseil municipal, qui ourrait toujours ses séances par le cri de : Vive la république! pour mé«- Jlsoîre sans doute , se réunit afin de juger ceux qui étaient iq)tes au service Riilitaive, et de fixer l'indemnité exigée dé ceux qui ne pouvaient senrir. Puis, au lieu de cooficr lai sort la désigriatioa de ceux qui devaient former le con<* tiogent imposé , it invita les conscrits à s'arranger entre eux â l'amitfble pour désigner ceux qui partiraient. Ils ae •rassemblèrent et vinrent bientôt présenter eux-mêmes an oeufféil las dixnaeuf hommes demandés y qui furent examinés et acceptés.
C'est alors que fut résolue (4805) la fixation définitive de l'école d'artillerie dans notre ville, et que l'on décida l'achat du polygone. L'aneîtn édifice de la cammissioa inftermédiaine fut destiné dès ce moment aux leçons de ibéorie. On vécut de M. Defiermon la pramùire nonvcUe de cette faveur tant solBeitée^ dont on lui devail on* bonne part.
L'office canonial , qui avait été supprimé à firfM»-Yvea ed 95 , fot transféi« à Saint-BUaioe vers le même tenipa.
Les Hosjntalières rentrèrent à Saint«Yves, et notre ville ae vit bieotàt appelée à donner , avec la France entière ^ \ adhésion au sénatus-consulte qui conférait au premier < aul le titre d'empereur (4804), et en fixait l'hérédité dbna sa famille.
HBVOniE DB RBimBS. 905