‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille, les sources originales et des documents entièrement inédits (volume 2)Chapitre 189 sur 213 · LES ERUEIIIIS DE MADAME ROLAND · texte numérisé non relu

LES ERUEIIIIS DE MADAME ROLAND

pays, et, dans une foule d’adresses des sociétés de départements affiliées à la société des Amis de la Constitution son nom revient

sans cesse comme un symbole de patriotisme, d’égalité etde liberté (1). De tous les défenseurs de la Révolution il était donc le plus en vue. On agita, paraît-il, fortement la question de lui intenter un procès, bien qu’il fCit notoire qu’il avi.:t été opposé à la manifestation du Champ de Mars. Quelques chefs du parti victorieux, tâtant l’opinion, laissaient entendre qu’il faudrait peut-être en arriver là. Toutefois on recula devant les conséquences probables d’une pareille mesure. Une dénonciation contre lui fut ensevelie, dit-il lui-même, dans les ténèbres du comité des recherches (2). Ses amis tremblèrent pour lui, mais lui, comme l’homme impassible d’Horace, resta calme devant la tempête. D’autres avaient fui, redoutant les vengeances de là réaction victorieuse ; il demeura stoïquement à son poste, continuant à combattre pour la liberté, et nous allons le voir porter seul tout le poids de la lutte des Jacobins contre les Feuillants. Déjà, du reste, avant l’événement du Champ de Mars, des menaces avaient été publiquement proférées contre lui par des ennemis de la Révolution. Sa tête avait été mise à prix, disait-on, et au club des Cordeliers il fut arrêté que des commissaires seraient nommés pour s’attacher à«es pas, et le garantir, aux dépens de leur vie, des dangers dont il était menacé (3). Témoignage bien frappant de l’intérêt qui s’attjichait à cet homme.

Madame Roland a écrit, dans ses Mémoires, que dans la soirée du 17, vers onze heures, véritablement inquiète sur son compte, elle s’était rendue chez lui au fond du Marais, accompagnée de son mari, dans l’intention de lui offrir un asile (i). Mais, ajoute-t-elle, il avait déjà

(1) Voy. entre autres l’Adresse de la Société de Marseille, en date du 7 juillet 1791, insérée dans le nxunéro 32 du Journal des débats de la Société des Amis de la Constitution, et dans le numéro 86 des Révolutions de France et des Royaumes. On y lit : Français! hommes vraiment libres des quatre-vingt-trois départemens , vos frères et amis les Marseillais vous invitent à rendre hommage à Robespierre, ce digne représentant de la nation, cet apôtre de la liberté nationale. Reconnaissez avec lui l’attentat énorme commis contre vos droits. Il est cette sentinelle vigilante que rien n’a pu surprendre, cet unique émule du Romain Fabricius, dont le despote Pyrrhus louoit les vertus pur ces mots si célèbres ; Il est plus facile de détourner le soleil de sa course que d’écarter Fabricius de la voie de l’honneur... Répondez-nous de la vie, des jours de Robespierre, etc... » Cette Adresse, s’il faut en croire Facretelle, aurait été rédigée par Barbaroux, qui, depuis!... Voyez aussi celle de la Société d’Arcis-sur-Aube, insérée dans le numéro 734 du Patriote françois, etc.

(2) Adresse de Maximilien Robespierre aux Français, p. 42.

(3) Extrait du procès-verbal, dans le Journal des Cordeliers, publié par Momoro, dont dix numéros seulement ont paru.

(4) Mémoires de madame Roland, t. I, p. 304 (collection Ber\-ille), feuille 42 du manuscrit.

M. Thiers, de son côté, s’exprime ainsi ; « Sa terreur et sa jeunesse inspirèrent de

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