‹ Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille, les sources originales et des documents entièrement inédits (volume 2)Chapitre 96 sur 213 · HISTOIRE DE RODESI'IERRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE RODESI'IERRE

admis à la barre de l’Assemblée, avait offert en don patriotique, au nom de son régiment, une somme de 240 livres qu’un inconnu avait donnée à l’un des soldats du régiment pour le séduire. Il répugnait à quelques membres que le prix du crime fût apporté en offrande sur l’autel de la patrie. Comme un député de la droite , M. de Grillon, venait précisément de proposer, au nom du comité militaire, un décret très-rigoureux destiné à raffermir la discipline dans l’armée, Robespierre, trouvant entre le discours de M. de Puységur et le projet de décret présenté par Grillon une certaine connexité,* réclama l’ordre du jour, craignant qu’en ordonnant l’impression du discours du premier l’Assemblée ne préjugeât les torts reprochés à quelques régiments. Les uns attribuaient à un esprit d’insubordination révolutionnaire les désordres auxquels s’étalent livrés quelques soldats, les autres, aux moyens de séduction dont ils étaient continuellement l’objet de la part des ennemis de la Révolution, comme on en avait présentement une nouvelle preuve. Suivant Robespierre, il était donc indispensable d’ajourner cette question, nécessairement liée au rapport du comité militaire; et il persistait à réclamer l’ordre du jour.

L’Assemblée, après quelques observations de Lametli, adopta le renvoi au comité du projet de M. de Grillon, trop sévère pour le soldat, et vota l’impression du discours de M. de Puységur, dans le but d’encourager le patriotisme de l’armée ; en sorte qu’en définitive Robespierre dut èti’e en partie satisfait.

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