‹ Histoire de Robespierre; d'après des papiers de famille, les sources originales et des documents entièrement inédits (volume 4)Chapitre 3 sur 188 · UN MOT AU LECTEUR IB · texte numérisé non relu

UN MOT AU LECTEUR IB

élémentaires de la Révolution sont doués quelques-uns de ceux qui, transformant l'histoire en arme de parti, rompent des lances en faveur de ce livre mal venu, et qui, en parlant d'une époque dont ils ne connaissent pas le premier mot, se contentent, suivant l'expression d'un publiciste éminenl, de témoigner autant de suffisance que d'insuffisance- Ne leur demandez jamais de preuves ; ils seraient fort en peine : car ils ressemblent singulièrement à ce critique qui, après avoir refait, à sa façon et d'après les plus impurs libelles, une biographie de Robespierre, s'écriait triomphalement : « Vous voyez que vous ne m'avez pas converti. » Pour ces gens-là l'histoire de la Révolution française est toujours dans le rapport de Courtois. Ils en sont encore au triumvirat sinistre de Robespierre, de Saint-Just et de Couihon. C'est grotesque! Mais, sans qu'ils s'en doutent, la lumière s'est faite, et de plus en plus elle ira éclairant le monde.

Je ne puis donc trop m'applaudir d'avoir suivi Robespierre pas à pas, de l'avoir montré dans ses rapports de chaque jour avec les hommes et les choses de son temps. On jugera mieux ainsi ce que valent, à côté de la réalité toute nue, les déclamations plus ou moins niaises dont nous entendons encore les échos après soixante-dix ans. Je n'ai pas la prétention d'opérer des conversions miraculeuses et instantanées. Je n'écris ni pour l'époque présente, ni pour ceux qui jugent une œuvre à la légère, après l'avoir effleurée d'un œil distrait. Ce livre demande à être lu lentement, aux heures de loisir, la plume à la main. Je le dédie à ce public sérieux, sans préjugés et sans parti pris, plus soucieux de s'instruire que de se distraire, et il me saura gré de mes efforts. Je ne suis pas inquiet d'ailleurs sur le résultat de cet ouvrage. J'aurai travaillé à dissiper bien des ténèbres, et ma plus douce récompense sera d'avoir contribué à faire jaillir la vérité, qui finira par s'imposer à tous, aujourd'hui, demain, qu'importe? Ainsi que l'a dit Voltaire, elle est fille du temps !

Mars, 1866.

DE

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