Histoire de Robespierre d'après des papiers de famille les sources originales et des documents entièrement inédits
Résuluu (les journées des 31 mai et 2 juin. — Conduite des Girondins. — Robespierre combat le rapport rie Barère. ~ La constitution de 1793. — Robespierre et Proudhou. — Suite des débats sur la coustitution. — Une réponse à Mercier. ~ L’Éire suprême. — Attitude ries députés de la droite. Acceptation de la constitution. — Jacques Roux et les enragés. — Sortie de Robespierre contre ces derniers. — TentatÎTes de guerre civile. — Héroïque attitude de Robespierre. — Le boucher Legendre. A}>probation de la conduite de la commune de Paris au 31 mai. — Ni défiance excessive, ni iiiodérautisnic. >> A propos d*un prêtre réfractaire. — Sagesse de Robespierre. — L'emprunt forcé. ~ Les Girondins dans le Calvados. — Projet attribué a Carat. L s journalistes mercenaires. — Le rédacteur du Moniteur. — Une des fraudes de Cour> (ois. — Les départements en marche contre Paris. — La Marseillaise normande. — Une adresse de la société de Caen. — Discussion sur le rapport concernant les Girondins. — Une motion de Tallien. — Le rapport de Saint-Just. — Les a*îminislraleurs rebelles. — Robespierre défend le comité de Salut public. — Rossignol et le général Biron. — D'Albarade et Danton soutenus par Robespierre. — Assasainalde Marat. — Conduite de Robespierre. — Plan d'éducation par Michel Lepele> tier. — La Convention nationale et l'instruction publique. — Volonté une, royaliste ou républicaine. — ^ Encore une fraude therniidoriennc. — Éloge de Lavalette et rappel de Duhem. — Affaire du général Custinc. — Entrée de Robespierre au comité rie Salut public. — Proposition d'ériger le comité en gouvernement provisoire. Robespierre défend de nouveau Danton. — Lutte contre les enragés. — Simonne Evrard. — Politique de Robespierre. — Les étrangers. — Sévérités déployées par la Convention. — Encore Carra cl Brunswick. — Sombres discours. — Pilt déclaré rennemi du genre humain. — Appel à la raison du peuple. — Robespierre et l’évéque de Saint'Flour. — Les commissaires des départements aux Jacobins et h la ConventioD. — Anniversaire du 10 août. — Entrevue de Carat avec Robespierre. — Opinion vraie de Carat sur Maximilien Robespierre. — • Carnot entre au comité de Salut public. — Les Anabaptistes de France. — La levée en masse. — Robespierre président de la Convention et des Jacobins. — Bordeaux et les autorités consiitué(>s. — Les révoltés lyonnais. — Paméla et François de Neufchùieau. — Le Théêirc- Fruuçais. — Quelques particularités de la présidence de Robespierre. — Les boulets
marseillais. — Rose Lacombe. ^ Le Père Ducheene. — Femienlation dans Paris. — Barëre difrndu par Maximilien. — Mémorable séance du 5 septembre à la Conveiw tion. — Robespierre complètement étranger à rorganisalion de la Terreur. — Nouvelle sortie contre les exagérés. — Le comité de Sûreté générale. — Hue réponse k Prodhomme. Le général Rossignol et la Vendée. — Premiers démétés de Robespierre arec Bourdon (de l'Oise). — Rapports avec les généraux. — Robespierre indisposé. — 11 défend le comité de Salut public. — Sortie violente contre Rnez. — Séance du septembre aux Jacobins. ~ Vilain d'Aubigny. — Robespierre arrache k l'échafaud soixanie ireize Girondins. — Voix d’outre-tombe.
« La journéedu 31 mai fut grande, heureuse, utile et nécessaire, » s’écriait Robert Lindet h la triburiede la Convention le 1" brumaii-e de l’an 111 (22 octobre 1794), prés de trois mois après la chute de Robespierre (1 ), c’est-h-dire à une époque où la réaction girondine commençait à s'imposer au pays et à diriger de sérieuses persécutions contre les patriotes suspects de garder quelque fidélité à la mémoire des vaincus de Thermidor. Cela seul suffirait ù prouver dans quelle erreur grossière, volontaire ou non, sont tombés les historiens qui ont présenté la chute des Girondins comme une victoire personnelle pour Robespierre; ce fut le triomphe éclatant de la révolution démocratique, et tous les prodiges dont un peuple est capable pour assurer .son indépeudaiice et conserver son homogénéité vont s’accomplir entre l’époque du 31 mai et celle du 9 thermidor. Ce sera l’œuvre de la Montagne.
On a dit très-faussement qu’à partir du 31 mai toutes discussions avaient cessé au scinde la Convention; que, terrifiée en quelque sorte, elle s’était bornée à voter silencieusement les décrets proposés par ses comités : c’est là une assertion complètement contraire à la vérité et démentie par tous les faits. Ce qui est vrai, c’est que, débarrassée des brouillons et des intrigants, la Convention ne fut plus une arène de. gladiateurs; c’est qu’au lieu de s’épuiser dans ces récriminations éternelles, dans ces luttes de partis où l’avaient entraînée les hommes de la Gironde, elle se consacra tout entière aux grands intérêts de la patrie; ce qui est vrai enfin, c’est que, pressés de donner ù la France une constitution républicaine, ses membres seraient assez promptement rentrés dans la vie privée si des circonstances extraordinaires, provoquées en partie par ceux dont elle s’était vue contrainte de voter l’arrestation, ne l’avaient pas mise dans la nécessité d'ériger un gouvernement d’expédients et de faire face elle-même par de su-
(1} Vojez I. llonittur du 4 brumaire de l'an III (25 octobre 1794).