LIVRE Vin. — - PETION CREZ VAXIMILIEN
et de toute insulte, de la transférer à Rouen ou à Amiens. Le
B était même impatiemment attendu dans cette dernière ville, disait
ladin. Robe^erre monta à la tribune pour démontrer qu'il était
difficile de réaliser ce projet de translation. Si la proposition en
laite, dit-il, si les Maurys de TAssemblée législative venaient se
lindre de mauvais traitements, ce serait sans doute afin de dé-
l'Assemblée de la grande question à Tordre du jour. Pour lui,
[engageait les patriotes à ne pas être dupes de cette manœuvre, à
3r toute discussion ayant pour objet de prétendues insultes
à des députés, comme à l'Assemblée constituante on passait à
Ire du jour sur les plaintes des Maurys, et à aborder enfin avec
ige la question capitale de la déchéance du roi (1). Au reste, cette
lion venait de faire un grand pas par le vote de l'Assemblée légis-
ive qui, dans la journée, avait, à une forte majorité, innocenté La
fctte. L'heure approchait où la nation allait prendre le parti de se
BTer par elle*méme; mais en même temps approchait le mo-
)t redoutable des vengeances populaires. Se fondant sur ce que
listes de proscription contre les patriotes circulaient à la cour et
dans les camps étrangers, Goupilleau (de Fontenay), aux Jaco-
revendiqua pour le peuple le droit de former, lui aussi, des
de proscription contre ses ennemis; et pour éviter toute confu-
h pour bien fixer l'opinion publique sur le compte de chaque indi-
I» il demanda et obtint l'impression et la publication de la liste des
qui avaient voté pour ou contre La Fayette. La séance fut levée
ize heures du soir ; ce fut la dernière avant l'insurrection ; il n'y
|eut pomt le jeudi 9 août, et quand les Jacobins se réunirent le 10 ,
fauté avait disparu.
rsque Robespierre s'écriait qu'il fallait que l'État fût sauvé par Ique moyen que ce fût, il envisageait, cela est bien évident, l'inreclion comme un moyen possible, inévitable même ; mais il ne lit plus alors à ses yeux d'un mouvement partiel, il comprepar là le soulèvement du peuple tout entier. S'il n'eût pas sur événements une influence particulière , il contribua certainement précipiter ; les Girondins, au contraire, louvoyèrent jusqu'au ûer moment, mirent tout en œuvre pour gagner du temps, et retinle plus possible la royauté sur le bord de l'abîme, espérant irs être appelés à la diriger. Ce fut peut-être à leur instigation le 7 août, Pétion, depuis longtemps circonvenu par eux, se rendit finement chez Robespierre. C'était la première fois que celui-ci
'ffl Jownal d€$ débaU et de la correftpondance^ etc., numéro 246.
recevait cet honneur, bien qu*îl fût étroitement lié depuis le commencement de la Révolution avec le maire de Paris, et que rien encore ne pût lui faire présager qu*il en serait bientôt si complètement abandonné. Très-surpris de cette visite, il l'attribua naturellement ï quelque grand motif. Durant une heure, Pétion l'entretint des dangers de^rinsurrection ; il fallait, selon le maire de Paris, laisser à l'Assemblée nationale le soin de discuter avec toute la lenteur possible la question de la déchéance , et différer, jusqu'à ce qu'elle se fût prononcée , la résistance à l'oppression. On voit comme tout cela est bien conforme à la conduite des Girondins menaçant du glaive de la loi les républicains, et faisant annuler la délibération insurrectionoelle de la section Mauconseil. Les membres du directoire des fédérés se rendaient habituellement aux Jacobins, Pétion le savait ; il pressa vivement son ami de prêcher au sein de la société le système dilatoire dont il était l'inlerprèle (1). Cette visite et cette conversation expliquent parfaitement l'attitude de Pétion pendant les événements da 10 août. Autant il avait montré de bonne volonté pour la journée du. 20 juin, autant il parut peu favorable à la grande insurrection du mois d'août, faisant voir par là combien il se trouvait sous Tinfluencô de Brissot. Telle était encore la confiance de Robespierre en Pétion, et tels étaient aussi les sentiments d'amitié que réveilla dans son cœur cette visite inattendue d'un vieil ami, qu'il se laissa jusqu'à un cer-» tain point persuader. Le lendemain 8 août, en montant à la tribune deS; Jacobins pour engager la société à aborder avec courage la question de la déchéance , il ne prononça aucune parole de nature à hâter l'in-; surrection , et lui-même très-probablement ne la croyait pas si prochaine. Mais il n'est donné à personne de conjurer les tempêtes; Robespierre eût en vain usé toute son éloquence pour retarder d'une minute la chute de la royauté.
Dans la nuit du 9 au 10 août 1792, les sections de Paris, sur lapro* position de celle des Quinze- Vingts , nommèrent chacune trois commissaires pour remplacer l'ancienne municipalité dont l'énergie ^t la;
(1) Voyez pour tous ces détails la Réporue de MasimiUen Bobespierre à Jérâme Pcii<»»] dans les Letlrea de Maximiîien Bobespierre à ses commet tans (numéro 7).
(2) Ibid., p. 311.