XIII
La veille, un événement tragique avait jeté la stupeur et la colère dans l'âme des patriotes. Un membre de la première Assemblée constituante et de la Convention, un ancien grand seigneur, devenu l'un des plus intimes amis de Robespierre, près duquel il siégeait sur les bancs de la Montagne, Lepelçtier Saint-Fargeau, avait été assassiné au Palais-Royal, chez le restaurateur Février. Son assassin était un ex-garde du corps, nommé Paris, lequel avait voulu venger la mort de son roi. Plus d'un représentant avait reçu des menaces anonymes. A Jean-Bon Saint-André on avait écrit qu'on l'assassinerait lui et sa femme, s'il volait la mort de Louis. Couthon avait reçu une lettre semblable (4). Combien peu ils connaissaient de tels hommes, ceux qui s'imaginaient les effrayer par des menaces pareilles !
(1) Ce détail ne se trouve point dans le Tnanuscrit de madaine Le Bas. Nom PenpnmtoDS à M. Alphonse Ëaquiros, qai a beaucoup connu oette dame, «ta en d'elk 4e précieux rensei>?nements. {Histoire des Montbgnardê^ t. II, p. 291.)
(2) Moniteur du 24 janvier 1793.
(3) Lettres de M. Robespierre à ses commettons, 2« série, numéro 3, p. 104.
(4) Voyez le Journal des débats et des décrets , numéro 293. ,