LIVRE VI. CRITIQUE HISTORIQUE
ber <|e mppoziiions m $uppositions dans les affirmations les plus contraires à la vérité. D'ailleurs, à l'époque où nous sommes, Robespierre n'avait aucune raison d'en vouloir outre mesure à Brissot Sans doute odui-ci avait eu le tort, dans les débats sur la guerre, de faire dégénarer, comme le lui avait reproché Billaud-Varenne, une question de principe en question personnelle; il avait eu leftort de se montrer aigre et amer envers un .contradicteur qui, au contraire, avait au début usé de beaucoup de modération ; mais Robespierre lui avait répondu à la tribune des Jacobins, et nous venons de voir la querelle se terminer par une embrassade fraternelle.
Un peu plus tard, il est vrai, Brissot et ses amis, se lançant à plaisir dans une voie déplorable, procéderont contre Rob^pierre comme ils ont agi à Tégard de Camille, avec moins de motifs encore ; et pour n'avoir point su dompter un esprit de dénigrement systématique, ils s'exposeront à de terribles représailles. Alors, oh ! alors, mis dans la nécessité de se défendre, Robespierre se défendra rudement, et il aura bien raison. Mais est-il permis à l'historien, à l'écrivain digne de c& nom, d*antidater les haines, les colères, les événements, suivant sa fuitaisie, ses préventions et ses préférences? Non, mille fois non, car il n'y a pas de vérités indifférentes en histoire ; et tel fait, vrai en luimême, peut être faux selon la date qu'on lui .assigne. Ce qui en février 1792 n'a pas de raison d'être, est incompréhensible, devient tout naturel en mai. Nous assisterons bientôt à uu triste et étrange spectacle.
kî oommandAit de dire, c'est qu'au moment ou Robespierre publia son journal, prédaément pour se défendre contre les calomnies sanglantes dont il commençait d'être la victime de la part des Girondins, il venait d'être odieusement diflamé par Brissot ; e'ot que ce dernier, dans le Poirtole françois du 18 avril (numéro 9d2), ne craignait |H d'insinuer que Robespierre pouvait bxxm etbjb mis en œuvbe pjlb la listb ciTiLB. Nous le demandons à tout homme de cœur, était-il possible de jeter plus ÎBKleminent Foutrage à un nom respecté, et de diffamer avec plus de noirceur l'homme le |dos désintéressé qui ait existé ? Nous reviendrons sur ce sujet. En général noua as noua occupons guère des diatribes sans nom et sans nombre publiées contre KcAKspierre, après sa mort, et qui paraissent avoir servi de documents historifvt à trop d'historiens ; mais le lecteur comprend que c'est un devoir pour nous^ devoir pénible, mais auquel notre conscieiice nous défend de nous soustraire, de réfnier avec un soin tout particulier les erreurs multipliées de M. Michelet à l'égard de Kobcspierrre ; d'abord parce que, V Histoire de la Révolution par M. Michelet ayant la piéinitioD d*ètre la seule républicaine, il était indispensable de défendre contre elle Humilie dont la doctrine politique constitue, dès l'Assemblée nationale, le plus pur lépttblicanisme qu'on puisse imaginer; ensuite parce que le nom de M. Michelet poslêde une notoriété telle qu'il était urgent de prouver, de la façon la pins précise, la ftaseté d'asaertioas qui, grâce à un nom justement estimé, ont été trop souvent njuiiies comme vraies.
Koas devons dire qu'avant nous la plupart des erreurs de M. Michelet ont été trèft^nettement réfutées par M. Louis Blanc dans son Histoire de la Révolution fran-