‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 50 sur 314 · LIYRE ?1. LES GARDES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

LIYRE ?1. LES GARDES FRANÇAISES

bH, il s'était fait one loi de n'accepter jamais rien. Il n'est pas besoin mainlenant d'aller ciiercher dans l'antiquité l'exemple de grands dtoyens refusant des présents étrangers.

Yen cette époque la société des Amis de la Constitution eut à s'oc* cuper des réclamations élevées par les gardes françaises, ces vétérans delaRéroluUon, ces premiers alliés du peuple, dont le licenciement Tenait d'être résolu par le ministre de la guerre. La cour avait une I faite de raisons pour ne pas aimer ces soldats d'élite. A Versailles, ils liaient refusé de tirer sur le peuple; ils avaient activement coopéré à b prise de la Bastille; et si, en diverses circonstances, Tordre avait été maioteou dans Paris sans effusion de sang, c'était grâce à eux ; ils s'étaient montrés partout et toujours les amis sincères, dévoués de la Béroliition. Tous ces titres à la haine de l'aristocratie, les gardes fraoçaises les rappelèrent dans une lettre d'adieux adressée aux quarante-huit sections de Paris, lettre où ces braves soldats, après s'être pl^ts des vexations dont ils étaient victimes, ajoutaient : « Pétion» Bûbespierre, vous gardez le silence! » Mais ni le maire de Paris ni I^ûbespierre n'avaient le pouvoir de s'opposer à la dissolution d'un coips détesté de la cour, et leur recommandation n'avait guère de poids auprès des ministres. Toutefois Robespierre ne resta pas sourd à Rappel, et le 1 0 février, aux Jacobins, il demanda qu'on vengeât et <P'on réiatégrât à la fois ces héros de la liberté, persécutés dès les P^ers jours de la Révolution par la criminelle faction des ennemis kla liberté. La constitution ne pouvait, suivant lui, avoir de meilleure S^; les abandonner, disait-il, ce serait l'excès de l'ingratitude, de b lâcheté et de la stupidité ; et il se savait l'interprète du vœu général CD rédanoant de l'Assemblée législative leur rappel au sein de la ^^(1). Les plaintes dont retentit la tribune de la société des Amis ^ la Constitution au sujet de ceux qu'on appelait les héros du ^^ juillet ne demeurèrent pas stériles : quelques jours plus tard, le li février, l'Assemblée législative décida que les soldats des ci-devant Sardes françaisesy renvoyés sans avoir demandé leur congés continuent à recevoir leur solde depuis le moment de leur renvoi (2]J ^ jour même où, le premier, Danton plaida leur cause aux Jacobins

v) Diiesyrt tmr hg moytnê âê 9awnr VÉtat et la It&erf» (p. 9). ^ Voyez le Moniteur du 16 février 1792.

(26 janvier) y la question des contributions publiques, soulevée parL Source, amena Robespierre à la tribune. Il ne lui paraissait pas utile d< discuter présentement cette matière, parce que de bien plus gravei intérêts étaient en jeu. Sans doute, cette question était d'une importance extrême, comme toutes celles qui avaient trait directement à h sûreté publique et au maintien de la liberté ; mais tout le monde ei France, disait-il, était d'accord sur la nécessité de payer l'impôt, et i était heureux de rendre cette justice aux citoyens que jamais les difficultés de rentrées n'étaient venues d'eux. Assurer les services public était pour un peuple la première condition de salut. « Ce n'est donc pas là-dessus, )> continuait-il, « que dans un moment de crise aussi violente il faut fixer l'attention d'une société qui est plus convaincue que personne qu'il faut que les contributions publiques soient perçues. » Il suffisait, selon Robespierre, de s'en rapporter, pour l'assiette et la bonne répartition des impôts, aux lumières et à l'expérience des patriotes de l'Assemblée législative. On voit par là combien peu ils connaissent l'esprit de la société des Jacobins ceux qui se la figurent comme une société essentiellement désorganis^trice. Elle avait au contraire horreur de l'anarchie, et le pire gouvernement, à ses yeux comme à ceux de Robespierre , était un gouvernement où régnaient les factieux. Or, on ne doit pas l'oublier, la cour de Louis XVI était remplie d'hommes attachés à l'ancien régime, à tous les vieux préjugés, connus pour leur haine violente de la Révolution , et conspirant à toute heure le renversement des principes constitutionnels; ces hommes étaient bien évidemment des factieux. Il valait donc mieux, selon Robespierre, s'occuper surtout de questions générales, de tous les temps, comme celle de la guerre, par exemple, qui intéressait la liberté et pouvait compromettre le bonheur de tous. Mais La Source insista ; le pouvoir exécutif, prétendait-il, n'avait aucun intérêt à ce que les contributions fussent payées, parce qu'une désorganisation universelle amènerait infailliblement les esprits à souhaiter le retour de Tancien régime. C'était là, croyons-nous, un pur paradoxe : jamais gouvernement n*a consenti volontairement à se passer d'argent ; mais, sur la proposition de l'orateur girondin, la société n'en maintint pas moins à l'ordre du jour de ses séances cette question des impôts (1).

Presque au même moment mourait le député Cérutti, auteur d'un Mémoire sur la nécessité des contributions publiques. Sa mort fut annoncée par les Girondins comme un malheur national, pour ainsi dire.

(1) Journal des débats et ds la correspondance de la Société des Amis de la Constitution^ numéro 134.

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