LIVRE IV. — LE MARUGE DE CAMILLE DESMOULINS
personne moins que lui n*était capable de troubler par une sortie inconvenante la bénédiction nuptiale donnée à un ami.
Ah ! ce mariage de Camille, on ne peut y songer sans être assailli |)ar d'amères réflexions. Qui eût dit alors, en voyant passer le joyeux souple et son cortège d^amis, qu'avant quatre ans, témoins et mariés lisparaitraient emportés par la tourmente révolutionnaire, Pétion, Brissot, Sillery dénoncés par Camille; Camille Desmoulins, suspect à son tour, entraînant dans l'abtme sa Lucile, cette Lûcile au sourire l'enfant, air cœur de lionne, qui, dans une lettre suprême et désespé- 'ée, rappellera, mais en vain, à Robespierre le beau jour où il leur lervit de témoin? La lettre ne parvint pas à son adresse, comme on le rerra plus tard. Et quand même! Robespierre, tout membre du comité le Salut public qu*il était, eût été impuissant à détourner le coup, et 1 ne devait pas tarder lui-même à suivre sur Téchafaud l'infortunée eune femme. Mais n'anticipons pas sur les événements; assez tôt dendront les heures tristes et sanglantes; il ne faut pas jeter sur les leures d'allégresse l'ombre épaisse des mauvais jours. Robespierre ivait écrit sur le mariage des pages charmantes ; il comprenait donc SI appréciait bien tout le bonheur de son ami. Lui aussi, au sein des empétes, il rêvera la félicité domestique ; lui aussi, au foyer de son lôte, il rencontrera sa Lucile ; mais, moins heureux que Camille, il ne ui sera pas donné de voir l'accomplissement de ses rêves.
L'année 1791 s'ouvrit sous d'assez sombres auspices. Cette fois les cérémonies du jour de l'an passèrent à peu près inaperçues au milieu les préoccupations de la capitale. Irrités des provocations du parti 'oyaliste, les écrivains démocratiques rivalisent de verve révolutionlaire. Aux violences du club monarchique, les Jacobins et les Cordeliers '^ndaient par des motions de plus en plus vigoureuses ; l'élan était en tnaon directe des résistances, et de toutes parts les paroles des orateurs •etentissaient comme un bruit de tocsin. C'est merveille de voir quelle iclivité déployait cette génération de 89 pour défendre la liberté et 'égalité conquises. Devant ces intérêts majeurs tout autre intérêt iisparaissait. On sentait bien que c*était l'heure solennelle d'affirmer I jamais les droits de l'homme ; que si on la laissait passer, c'en était
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C^'Ç0psÂznx ies fo-Tôéoies z^nénks. ks ^acaL'*g^ âf'mjwég des c:crre-néTc^Ttinrn£ires c'arrrlaienî pxA TÈOÊSBOsàùgm ans sa «om 6e rccGQâmcîîco îociâle. ParxLî ks iraijJi. ançBBk cffir cnasarn Œ^ïe partie û€5 m^is de }aD^i?r et de férner fTs^l. wuiKM bê prenôêre lijpe ^es dlscassic^s reUtiTes zn piLsa fgTMffJwHâaa as jures présezTjé par Inpcrt. d^5^^Js^5oGs coD]iDeQcéssda& tes «enâm bob de YtnDée prtc]é:ie:2l/e. Réxcaniser I2 josâoe oïnKSIe de f^ooi &^7Teçarder ï b fois les ist^rè*^ de li soâèsé es <ns des mocasà, vitxTsù lesqtieh li'.araieriî se renooQîrer des rnxwa^ êtMl ihk eotteprise dé icste, î&v^esâ^^it aa phs haut degré li liberté ÎDSTidneDe, si VrzhrfsuaA sdcrl5ée jadis, et qa'îl était urçpsrt fetADorer des phB solides saran'Jes. T<sijvln de tant a eireors et dTainxâlês oonaises par ia Vristîce crinL-nelIe s^us Taiicien rêçme, RabespKfTe anit à ocrar c'en préveiûr le retour par tontes les pmantiksBs ioBpnaHp^; il prit â tontes ces discuisions la part la phis acÉre, et sor presque diacune des ç'jestioDs s:<u!eTées darast le ocors de ces dâ»at5,8i parole émue, ardei^te, passionnée se fit pins d^me fais entendre en faveur de lljun-anilé.
Dup'^rt, dan? son projet, avait repoussé radndsEÎOD des preorcs écrite^; mais statuer s^iz le sort d'un accusé d'après les traces fagi* tives que de simple^ déclarations verbales pouvaient laisser dans l'esprit des jurés parsissait singulièrement périlleux à Robe^nerre. <>uand la loi ps'sait des r^-çles précises pwur Teiamen et r«dmissiûa des preuves. faliait-U s'en rapporter à la conviction arbitraire du juge! Voilà ce qu'il n'admettait pas. « Cette question, » disait-fl dans k séance du U janvier, « ne peut être résolue sans qu*on remonte sa véritables principes de toutes les institutions judiciaires. En général, b procédure criminelle n*est autre chose que les précautions prises par la loi contre la faiblesse ou les passions des juges. Loin de oonsidéRr les magistrats comme des êtres abstraits ou impassibles, dont l'existence individuelle est parfaitement confondue avec Texistence publique, on sait que, de tous les hommes, ce sont ceux que la loi ddt sorveiller et enchaîner avec le plus de soin, parce que Tabus du pouvoir est le plus redoutable écueil de la faiblesse humaine. > La société, suivant lui, ne devait admettre la condamnation d'un accusé que sur des preuves indubitables, et ces preuves, récriture seule était à mtoc de les constater, de permettre aux jurés de les comparer. « Sans cela,» disait-il encore, « il n'y a plus de barrière à Tarbitraire et au despo-