AVRIL, 1791 - SEPTEMBRE
Opinion de Robespierre sur le droit de tester. — Discussion sur l'organisation du ministère. — Exclusion prononcée contre les membres de PAssemblée nationale et des législatures suivantes. — De la prescription des crimes et délits des ministres.
— De la répartition de leurs fonctions. — De leur traitement. — Les pensions ministérielles. — De Pinitiative des ministres. — Virulente sortie de Robespierre contre les ministres et le comité diplomatique. — Nouveaux efforts en faveur d* Avignon. — Sur les félicitations à présenter au roi. —Discussion sur Porganisatien des gardes nationales. — Du droit de pétition et d*affiche. — Affaires coloniales ; les hommes de couleur et les esclaves. — Robespierre s^oppose à la réélection des membres de PAssemblée nationale et à celles des députés d'une législature à Pautre. — Fixation du lieu des assemblées primaires. — Encore les citoyens actifs et passifs. — Robespierre demande Pabolition de la peine de mort. — L*abbé Raynal. — Discours en faveur de la liberté illimitée de la presse. — Défense de Pimprimeur du Moniteur. — Sur la nécessité de licencier les officiers de Parmée. — Incompatibilités législatives. — Robespierre est nommé accusateur public près le tribimal criminel de Paris. — Lettre à ses électeurs de Versailles. — Lettre à son «mi Buissart. — Les chasseurs de Hainaut à Brie-Comte «Robert. — Circulaire électorale. — Fuite de la famille royale. — Madame Roland et le Genevois Etienne Dumont. — La séance des Jacobins du 21 juin. — Robespierre demande des couronnes civiques pour ceux qui ont arrêté le roi. — Il s'élëve contre les mesures proposées pour son retour. — Son avis concernant l'interrogatoire du roi et de la reine. — Le gouverneur du Dauphin. — Les républicains en 1791. — Robespierre propose Pajonrnement de la discussion sur l'inviolabilité royale. — Remarquable discours de lui sur cette question ; il n'y a point de complices là où il n'y a pas de coupable . — Il demande la mise en accusation de Moksieub. — Dernier discours sur la fuite du roi. — Curieux incident aux Jacobins. — La pétition Laclos.
— Opinion de Robespierre. — Massacres au Champ de Mars. — Robespierre me de Saintonge — Madame de Chakbre. — L'évêque de Bourges. — Changement dans la vie de Robespierre. — Les erreurs de madame Roland. — Maurice Duplay.— Scission des Feuillants et des Jacobins. — Adresse & PAssemblée nationale et aux Sociétés affiliées. — Victoire des Jacobins. — Le boucher Legendre. — Adresse de Maximilien Robespierre aux Français. — Impression qu'elle produit. — De la délégation des pouvoirs. — Discours sur la nécessité de révoquer les décrets du marc d'argent, etc. — Encore la liberté de la presse. — De la condition des membres de ]a famille royale.— Robespierre et les Lameth. — De Paoceptation de laconstitution.
— Dernière lutte contre Barnave. — De Pinviolabilité des assemblées électorales. — Défense dessociétés populaires. — Findela Constituante. — ^Triomphe de Robespierre.
On a dit à tort que, Mirabeau mort, Robespierre grandit tout à coup; que, au lendemain du regrettable événement, il prit un ton nouveau, plus audacieux, comme si Tespace rendu libre lui eût permis de s'étendre, de se développer plus à Taise ; Mirabeau mort, Robespierre resta exactement ce qu'il était auparavant, comme ont pu s'en convaincre ceux qui Tont suivi de près depuis l'ouverture des états généraux, et comme en jugeront les lecteurs attentifs de cette histoire. Son immense popularité, consacrée depuis longtemps, l'emportait déjà sur celle de l'incomparable orateur, parce que le talent et le patriotisme se rehaussaient en lui d'une probité politique dont on commençait à soupçonner l'absence chez Mirabeau, et qu'il faut au génie, afin de s'imposer aux masses autrement que par la force, l'honnêteté pour sanction.
En quelles circonstances, du vivant de Mirabeau, Robespierre avait-il manqué d'initiative et d'audace? Quelles questions intéressant la liberté l'avaient trouvé indifférent? Toujours sur la brèche, ne s'était-il pas montré le plus intrépide soldat de la Révolution? Sans doute, vers la fin de la Constituante, la situation devint en quelque sorte plus pressante; des complications inattendues surgirent; de nouvelles questions se présentèrent, et la révision de l'acte constitutionnel amena Robespierre à s'expliquer plus nettement sur certains points qu'il avait d^à traités avec une rare vigueur ; mais la présence de Mirabeau n'eût rien changé à l'état des choses. Peut- être, entraîné par la logique des événements, guidé par son instinct révolutionnaire, Tillustre orateurcût-il fini par se séparer tout à fait d'une cour que ses aveugles partisans et tous les fauteurs de complots réactionnaires conduisaient fataleoient aux abtmes; il eût alors marché de concert avec Robespierre. Dans le cas contraire, et à chaque pas qu'il aurait fait dans le sens de la contrerévolution, il l'aurait vu se dresser devant lui comme un obstacle; et, battu plusieurs fois déjà dans les diverses occasions où il était entré en lutte avec lui, il se serait exposé à de nouvelles et irréparables défaites.
Mort, il eut encore la gloire de tenir l'Assemblée attentive par un de ses discours, et du fond de la tombe, si je puis ainsi parler, il prit part à une discussion dans laquelle il eut Robespierre pour approbatew ^ pour appui. Il s'agissait du droit de tester. Dans la prévision d'un prochain débat à ce sujet, Mirabeau tenait prêt un immense discours où se