X AU LECTEUR
des clairvoyants. L'histoire est accompagnée de tant de circonstances, qu'il est presque impossible que l'on ne se trompe en quelqu'une. Je crois pourtant n'avoir rien avancé dont je n'aie des garants ; et si vous trouvez dans quelque auteur le contraire de ce ([ue j'ai dit , je vous prie de considérer -que nos historiens sont si différents entre eux en plusieurs choses, que lorsqu'on suit les sentiments des uns , on contredit nécessairement les autres. Dans cette diversité y j'ai suivi ceux que j'ai crus les meilleurs et les plus assurés. J'avoue même que je u'ai pu m'empêrher d'emprunter d'eux des périodes tout entières quand elles m'ont plu, et qu'il m'a semblé que je m'expliquerois mieux par leurs expressions , que je n'eusse pu m'expliquer par les miennes. Après tout , si c'est une faute , elle est assez légère ; et l'on doit bien me la pardonner , puisque je la reconnois ingénuement. Pour les autres plus remarquables que je puis avoir commises , je me promets de votre bonté , cher Lecteur , que vous ne me traiterez pas à la dernière rigueur, et que vous aurez autant d'indulgence pour moi, que dans ce travail j'ai eu de zèle pour le service de mon Roi , et d'atfection pour le bien de la France.