‹ Histoire de RomeChapitre 114 sur 200 · DÉPART DE BOLOGNE · texte numérisé non relu

DÉPART DE BOLOGNE

riers de Jules IT était, en effet, définitivement compromise. Force lui fut bientôt de quitter Bologne en hâte et de s'éloigner du théâtre des hostilités !

L'état de guerre ruinait le pays ; la vie enchérissait ; les récoltes ayant manqué, les aliments, les fourrages devenaient rares, on ne parvenait plus à se procurer de bêtes de somme; les tissus, qu’on ne pouvait pas importer, augmentaient de prix journellement et la rigueur de la saison aggravait la situation. La population se montrait en conséquence inquiète, mécontente. On comparait la première venue du pape, dans le rayonnement d’une journée ensoleillée, et ce retour en pleine tourmente de neige, après un semblant de triomphe. Les Français occupaient les alentours, moins nombreux, 1l est vrai, que les troupes pontificales, 700 cavaliers contre 1 000, 6 000 fantassins contre 9 000, et cela encourageait le pape, maïs ses conseillers, l’esprit sans doute quelque peu prévenu, lui remontraient qu’un soulèvement des Bolonais semblait à craindre et que les Français étaient hardis, tant et si bien que, le 11 février 1511, il quitta Bologne sur un traîneau couvert de drap rose, traîné par « quatre bœufs placides » et gagna Ravenne par petites étapes, à cause de la neige et du mauvais état des chemins, tout en répétant qu'il lui fallait Ferrare et qu'il l'aurait à tout prix.

Alidosi fut laissé à Bologne en qualité de légat et l’évêque Giulio Vitelli ! en qualité de gouverneur du château fort que Jules II venait de faire construire. Alidosi succédait à Ferreri; bien que ses rigueurs et ses abus de pouvoir eussent exaspéré la population, on allait le regretter.

L. événements ne tardèrent pas à montrer que la réalisation des projets guer-

1. Évêque de Città di Castello, 1499-1503, prélat guerrier qui fut gouverneur d’Urbino sous Léon X.

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