Henri VIII
6. Plus tard, il habita le palais où avait vécu le cardinal de Portugal, près de S. Lorenzo in Lucina.
depuis longtemps ; tous deux avaient mêmes haines. D’humeur inquiète, Alfonso chercha, à la mort de son père (mai 1512), à s'emparer par les armes de sa souveraineté ; il périt étranglé dans un cachot du château Saint-Ange pour avoir conspiré la mort du pape Léon X (16 juillet 1517). Il avait vingt-sept ans au moment de sa nomination ; toutefois, il est à remarquer que cette promotion ne fut pas, comme quelques-unes de celles qui l’avaient précédée, une promotion d’adolescents 1.
Sauli Bandinelli, d’une famille noble génoise, avait plutôt l’âme d’un baron factieux que d’un prélat ; il entra dans le complot organisé par Petrucci pour attenter à la vie de Léon X qui le dépouilla de ses biens et dignités, maïs les lui rendit presque aussitôt ; c'était un homme ambitieux et envieux, dont les allures n'avaient rien d’un prélat. Il était Ligure, ce qui explique ce choix malheureux.
Achille de Grassi, frère du maître des cérémonies ?, était un fonctionnaire consciencieux ; il était de Bologne, et c’est quand il y était légat que Jules II l'avait connu. Son zèle et son assiduité firent oublier au pape que Grassi menait une vie peu régulière ; il fit même de lui son chapelain à.
Francesco Argentino était Vénitien par sa mère mais Allemand par son père, d’origine strasbourgeoise 4 ; le cardinal Médicis l’avait distingué, étant à Venise, et poussé ; Jules II le nomma en 1507 évêque de Concordia, afin d’avoir un surveillant aux portes de Ferrare. Argentino ne jouit pas longtemps de sa dignité nouvelle, car il mourut le 23 août de la même année (1511).
Pietro Accolti était un prélat militant ; Florentin de naissance, il avait reçu, comme on l’a vu, la mission de légat a latere dans l’armée réunie contre le roi de France et fut plus tard chargé de rédiger la bulle contre Luther 5.
Antonio Maria Monte Ciocchi, né à Monte Sansovino dans le diocèse d’Arezzo, avait appartenu au tribunal de la Rota; c'était un homme qui avait du caractère et le sens de la justice ; Jules IT faisait preuve d’abnégation en le nommant, car, dans une affaire qu'il lui avait très chaudement recommandée, il s'était permis de conclure en sens contraire.
Aïnsi la promotion comprenait neuf élus, dont : un Anglais, un Allemand, un Suisse, un Bolonais, un Génois, un Vénitien, un Siennois, un Florentin, un Toscan ; pas un Romain, pas un Français n’y figuraient, ni un Espagnol, car il s’en trouvait encore beaucoup dans le Sacré Collège.
D'épineuses questions surgirent pour l’accomplissement des cérémonies qui suivaient les promotions cardinalices. Ciocchi avait droit à plus d’égards, mais Baïnbridge était
1. Francesco Argentino avait soixante et un ans; Pietro Accolti, cinquante-six ; Ciocchi, cinquante ; Grassi, quarante-huit ; Lang, quarante-trois ; Schinner, quarante et un,
2. Qui s’appelait, on le sait, Paris. Un troisième frère s'appelait Agamemnon. Les noms tirés de l'antiquité devenaient de mode. Dans la famille Colonna, les enfants reçoivent les noms de Marc-Antonio, Scipione, Fabrizio, Ascanio ; dans la famille Orsini apparaissent les noms de Scipione, Flavio, Camillo. Les enfants naturels, aussi bien dans la bourgeoisie que dans le clergé, portent très souvent des noms romains. La coutume de choisir des noms latins s’est conservée dans le peuple
romain, où les prénoms de Romolo, Cesare, Augusto, Remo sont fréquents.
3. Après l’assassinat d’Alidosi, Jules II le nomma évêque de Bologne. Il l’envoya auprès de Louis XII quand il vint à Gênes, pour l’amener à se réconcilier avec l’empereur Maximilien et pour obtenir de lui qu’il renonçât à accorder sa protection à la famille des Bentivoglio, à qui le pape reprochait alors d’avoir cherché à le faire empoisonner (juin 1507).
4. D'où son nom, puisque Strasbourg se disait Argentoratum en latin.