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PARIS DE GRASSI et TEDALLINI, P. 321, lig

2. Cette sommation était signée par le cardinal Carvajal. SaAnuTo, vol. XII, col. 250.

3. Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, p. 526.

Au défaut de Florence, qui tenait à se mêler le moins possible à cette mauvaise affaire, Pise avait été choisi comme lieu de réunion, car l'influence française y était toute-puissante f,

Les raisons pour justifier la convocation d’un concile ne manquaient pas, elles avaient été énoncées par le synode de Tours : le concile de Constance s'était prononcé pour la tenue d’un concile œcuménique tous les dix ans ?; Jules IT avait pris l'engagement d’en assembler un dans le plus bref délai possible et ne le faisait pas; il se montrait indigne par ses mœurs d'occuper le Saint-Siège et incapable par son humeur guerrière de gouverner en paix ; il nommait de nouveaux cardinaux, contrairement aux vœux du Sacré Collège ; enfin une réforme de l’Église s’imposait 3.

A la vérité, il y avait opposition entre les théologiens et les canonistes sur le droit que possédaient les cardinaux de provoquer la réunion d’un concile, car ces derniers affirmaient que ce droit appartenait uniquement à la personne du pape, quand bien même il serait souillé de tous les vices, à moins qu’il ne fût suspect d’hérésie, tandis que les théologiens opinaient dans le sens contraire {.

Les cardinaux se trouvaient à Gênes au moment où ils avaient lancé la citation au pape ; ils s’y étaient réfugiés au mois de septembre 1510, après avoir quitté Florence qui ne semblait pas leur offrir un asile suffisamment sûr. Jules IT, en réponse, avait ordonné à Briçonnet, à Prie et à Sanseverino de comparaître devant lui, sous menace de 4 son indignation », réservant aux autres cardinaux, par égard pour leur passé, un traitement plus doux.

Comme ils n'avaient pas obéi, il eut recours à un procédé plus énergique. Le 18 juillet 1511, il convoqua par la bulle Sacrosanctæ 5 un concile pour le 19 avril de l’année suivante. Il y revendiquait pour lui seul la prérogative de réunir un concile et y exposait les empêchements qui en avaient retardé jusque-là la convocation. Il enjoignait à tous les prélats cités de s’y rendre et aux souverains de leur en faciliter les moyens et de veiller à leur sécurité durant leur voyage. Le «conciliabule » de Pise était condamné par avance, ceux qui y participeraient et les villes où il se tiendrait étaient frappés d’anathème. Le pape insistait sur l’insécurité de Pise et sur la futilité des accusations portées contre lui $.

Il intervint auprès des Florentins pour qu’ils interdissent la tenue d’un concile à Pise et, quand 1l sut qu’à la demande du roi de France ils ne s’y opposeraient pas, il les menaça de porter la guerre dans leur pays, de faire partout molester leurs marchands, de les mettre en interdit, de les excommunier. Un événement grave parut alors devoir mettre fin à la querelle.

1. Un premier concile avait été tenu à Pise en 1409 pour mettre vol. LIII, p. 281. — J. LENFANT, Histoire du Concile de Pise, fin au schisme. Amsterdam, 1724. — HERGENROTHER, Conciliengeschichte, Fri-

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