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PRÉPARATION DU CONCILE DE PISE

Deux jours avant le départ du pape de Rimini, le 28 mai 1511, un placard fut apposé sur la porte de l’église S. Francesco, voisine de son palais. Il contenait deux citations à comparaître, le 1°T septembre suivant, devant le concile qui devait se réunir à Pise ?.

Il y avait plus d’un an que les membres du synode de Tours avaient émis cette prétention ; le 27 janvier 1510, le roi Louis XII écrivait de Blois aux Florentins pour leur demander de ne pas mettre obstacle à la réunion d’un concile à Pise * ; son but était de diminuer l’autorité de Jules II plutôt sans doute que de le renverser. L'empereur Maximilien, qui soutenait le roi, agissait dans la même pensée en réclamant plus d’indépendance pour l’église d'Allemagne, une Pragmatique comme en France et un légat allemand nommé à vie qui serait promptement devenu un pontife autonome. La mort du cardinal d’Amboise (25 mai 1510) porta un coup sensible à cette initiative, en en réduisant fortement la portée. Louis XII persista néanmoins dans son projet. Il tenait « à jeter un concile à la tête du pape », disait Machiavel.

Ses auxiliaires furent deux cardinaux français, de Prie (Bayeux) et Briçonnet (Saint-Malo) ; deux cardinaux espagnols, Francesco Borgia (Cosenza), le vieil adversaire, l'ennemi irréconciliable de Jules IT, et Bernardo Carvajal (Santa Croce), qui avait contre lui maints griefs, plus un cardinal italien, Sanseverino, qui tenait de son frère, le terrible condottière Fracasso, un tempérament irascible ; le pape et lui se détestaient avec toute la vigueur de deux caractères également violents.

Le cardinal d’Este hésitait ; lui aussi souhaïtait l’abaissement du pape, mais son frère Alfonso, quoiqu'il fût en guerre avec lui, conseillait vivement à Ippolito de se tenir à l'écart. Le cardinal Adriano di Corneto (Castellensis) et le cardinal Philippe de Luxembourg (Cenomanensis, du Mans) se réservaient également. Quant à Clermont (d’Auch), le pape le tenait en prison.

= Après bien des tergiversations, car ils sentaient la situation mal sûre, les cinq cardinaux opposants avaient décidé de prendre sur eux la convocation d’un concile.

exigée. Le pape la porta pour la première fois à son entrée à Lorette quarrée, taillée à bizeaux en dessus et à degrés en dessous : il y

le 8 septembre 1510, puis à Bologne le 22 septembre. Caradosso en a donné une minutieuse description (Archiv. Not. Capit.). Voir E. MunrTz, La Tiare pontificale du VIIIe au XVI siècle, dans Mémoires de l’Académie des Inscript., 1898, p. 235, et surtout Eucène Pior, Le Cabinet de l'amateur, troisième année, nouvelle série, n°% 29 et 39, 1863, et Pro Nazpi, Delle Gemme, 1791. Au sommet de la tiare était une émeraude dont le docteur Hamy a donné la description dans le Bulletin du Museum d'histoire naturelle 1896, n. 2. Elle y fut en effet déposée de 1798 à 1805,quand Napoléon la rendit au pape Pie VI. « Très belle émeraude, de forme

a une petite glace dans l’un des coins, elle pèse vingt-huit grains trois seizièmes de karasts. Sa superbe couleur la rend très précieuse à la collection. Nous l’estimons 5 000 francs. » Expertise des douze plus belles pierres du Cabinet de minéralogie, faite en brumaire an X (octobre 1801).

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