‹ Histoire de RomeChapitre 139 sur 200 · Dont l’abbé de Saint-Denis · texte numérisé non relu

Dont l’abbé de Saint-Denis

9. SPONDANUS, ad an. 1511, $ 8. — J. LENFANT, Histoire du Concile de Pise. — Moro, Diz., vol. XI, p. 67 ; vol. LIII, p. 282, — SanuTo, vol. XIII, col. 330. — RayNaLpus, vol. XXV. — Négociations diplom. de France avec la Toscane, p. 528. — Mission à Pise de Machiavel et Relations de Ridolf et Portinari, dans Œuvres de Machiavel, trad. J. V. PErtès, vol. IX, p. 409. — Relation du conciliabule de Pise et de Milan par Zaccaria Ferrero, abbé de Subiaco, protonotaire du concile (Bibl. du Vatican, non catalogué). Voir Moron1, vol. XLV, p. 67.

de renoncer à leurs projets. Il devait pousser jusqu’en France pour remontrer au roi les dangers qui naîtraient inévitablement de la réunion du concile 1, Dans les instructions qu'il lui avait données au moment de son départ, Soderini lui disait de rappeler au roi que, si un pape ami peut n'être pas d’un grand secours, un pape ennemi nuit beaucoup, d'autant plus qu’on ne saurait le combattre sans provoquer la réprobation universelle (10 septembre 1511).

Machiavel rencontra les quatre cardinaux à Borgo S. Donnino et s’efforçca de les dissuader de leur intention, puis il se rendit à Milan pour s’entretenir avec le vice-roi et gagna Blois, où résidait la cour. Le roi et Robertet l’écoutèrent froidement et ne lui promirent qu’à demi de transférer le concile dans une autre ville, mais après les premières séances, Les Dix de la Liberté lui avaient enjoint de se hâter; en effet, il ne mit que quatorze jours pour accomplir le trajet ; rarement courriers de métier l’avaient parcouru en si peu de temps.

Quelques jours avant la réunion du concile, le 22 octobre 1511, le pape avait décidé l'exclusion des quatre cardinaux ? dissidents. Deux jours après, le vendredi 24 octobre, elle fut prononcée officiellement en consistoire public; l'avocat fiscal, après avoir exposé les avantages de l’union dans l’Église et loué le pape, lut la condamnation, qui fut prononcée si bas que personne ne l’entendi:. Cependant, cette « privation » impressionna péniblement et «ne fit plaisir à personne » *.

La première « fonction » du concile schismatique eut lieu le jour de la Toussaint, non pas dans la cathédrale, à cause de l’opposition du peuple et du clergé, mais dans la basilique de S. Michele del Borgo, que son antiquité rendait vénérable. Tout le clergé local quitta aussitôt la ville pour ne pas être enveloppé dans l’interdit. Le 5novembre 1511, le concile tint sa «session » inaugurale, sous la présidence du cardinal Carvajal et avec un grand apparat qui ne dissimulait pas ce que cette assemblée avait de fictif. L'abbé Zaccaria exposa longuement les torts du pape et montra la nécessité et la légitimité de la convocation d’un concile destiné à réformer l’Église « dans sa tête et dans ses membres » ; il prouva que tout empêchement à sa tenue devait être considéré comme nul. La création d’un sceau du concile fut décidée; une colombe y serait représentée avec la légende : Sacra Sancta Sinodus (sic) Pisana.

Dans les deux séances suivantes (7 et 12 novembre 1511), on vota des décrets établissant que le concile ne se séparerait que son œuvre accomplie, et l’on chargea quatre évêques, Lodève, Angoulême, Rodez et Luçon, d'examiner les questions touchant la foi, le schisme et la réforme de l’Église. Après quoi, en raison « de la guerre certaine et imminente », en réalité parce que la place n’était plus tenable, les Pères se donnèrent rendez-vous pour le 15 décembre dans l’église S. Croce de Milan, où, sous la protection

1. Quatrième légation à la Cour de France. 3. Relation de Bernardo da Bibiena en date du 22 et du 24

2. Carvajal, Briçonnet, Francesco Borgia, de Prie. SANUTO, octobre 1511. (Carte Strozziane, 1* Ser., f. 6, c. 50.) Le cardinal vol. XIII, col. 177 et suiv. — TEDALLINI, p. 324, lig. 7. Le cas Raffaelle Riario fut celui qui parla le plus violemment contre de Sanseverino avait été réservé ; il avait été déclaré contumax. les cardinaux exclus. Le cardinal Guibé fut aussi très vif, quoi-

Néanmoins, il fut frappé en consistoire le 30 juin 1512. que Français.

PoxriFicarT DE JULEs IT.

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de la France, le concile pourrait sans doute prolonger son semblant d’existence. C’est là, en effet, qu’eut lieu la IVe session, le 4 janvier 1512 seulement, alors que les Suisses menaçaient la ville. Les assistants étaient plus nombreux qu’à Pise. Le procurateur général de l’ordre des Prémontrés exposa sans réticence les désordres de l’Église et en réclama la suppression ; trente jours furent accordés au pape pour se soumettre aux décisions du concile.

La Ve session fut tenue le 11 février 1512; le décret du concile de Constance, défendant aux princes et aux villes de maltraiter ceux qui se rendaient à un concile, fut renouvelé. La VIe session eut lieu le 24 mars ; un docteur en Sorbonne cita en termes formels Jules II à comparaître et demanda sa condamnation comme contumax; un décret fut voté, imposant une vie exemplaire aux membres du clergé. La VII® session (19 avril) fut consacrée à la constatation de la non-comparution du pape, qui, par trois fois, fut appelé à se défendre et menacé d’être suspendu de l’administration de l’Église, que le concile assurerait. Dans la VITIIe session, tenue le surlendemain, l'évêque de Maguelonne, Pierre Pellissier, ayant dit la messe, le décret suspendant le pape fut lu ; il y était déclaré auteur de schisme, endurci et incorrigible et, comme tel, passible des peines prononcées par les conciles de Bâle et de Constance et suspendu de l'administration pontificale 1 Ce fut la dernière séance du concile. Les Pères, entraînés dans la retraite des troupes françaises, se réunirent encore quelques fois à Suse, puis à Lyon, où le concile cessa d’exister par la dispersion de ses membres.

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