LES MÉDICIS RÉTABLIS A FLORENCE
Bien que la République florentine fût demeurée sur la réserve en ce qui concernait le concile, elle en avait toléré la tenue à ses portes, elle avait fourni de soldats et d’argent le roi de France. Jules II la punit en lui imposant le retour des Médicis, qui avaient été chassés dix-huit ans auparavant, lors de l'expédition de Charles VIII en Italie (1494). Ce n’est pas à dire qu'il professât de la sympathie pour eux, car en toute chose il se glorifiait de suivre les traces de son oncle Sixte IV, et Sixte IV avait fait la guerre aux Florentins et peut-être favorisé la tentative avortée des Pazzi; toutefois, le gonfalonier Pier Soderini était bien vu des Français et par conséquent odieux au pape, et Giuliano Médicis, fils de Laurent, était le frère du cardinal Giovanni qui avait l'oreille de Jules IT ; en outre, Florenceétait riche et les alliés étaient pauvres ; Cardona ne savait comment entretenir la grosse armée que le roi d'Espagne lui avait envoyée à Naples et qu’il voulait faire passer en Toscane et en Lombardie pour la nourrir aux dépens des territoires envahisÿ,et l’empereur avait comme toujours besoin d'argent. Cependant, ni les uns n1 les autres ne semblaient disposés à écraser la République. Jules II expédia à Florence un dataire pour poser à la Seigneurie ses conditions : le gonfalonier Pier Soderini serait déposé, la République se joindrait à la Sainte Ligue contre les Fran-
1. ANT. CAPPELLI, Lettere di L. Ariosto, Milan, 1887, p. 23 : «Animus meminisse horret luctuquerefugit». Lettre d’octobre1512.— FERRAZZI, Specchio cronologico della vita di L. Ariosto, Bassano, 1881, p. 13. — FR. VErrort, Sommario della storia…….
2. Dit Arioste. Toutefois, le duc écrivait le 19 juillet que le pape ne s'était pas opposé à son départ, mais il ajoutait qu’il ne pouvait pas lui donner satisfaction en renonçant àFerrare. A. LUz10, P. 103.
3. Il vivait retiré dans son château situé au-dessus de Subiaco.
Quand le messager lui apporta la lettre du pape qui lui pardonnait son appui au duc de Ferrare, mais ne faisait pas mention de son titre épiscopal, il la jeta par terre en disant que ce papier n’était pas pour lui. Dans la suite, le pape lui rendit son titre, mais pas les revenus de son évêché. Il ne lui pardonna jamais son incartade du Capitole. ProsPERO CoLonNA, 1 Colonna, Rome, 1928.