‹ Histoire de RomeChapitre 169 sur 200 · SANUTO, vol. XV, col · texte numérisé non relu

SANUTO, vol. XV, col

3. Outre celui dont il va être question, il en fut publié un en France, en 1515, sous ce titre : La Vie du pape Jules second, grand ennemi du bon roi Louis XII et des Français, gens de bien, tant ecclésiastiques qu'autres, Paris, 1515.

4. Le titre est Julius, Dialogus viri cuiusdam eruditissimi fesdivus sane et elegans quomodo Julius II P. M. post mortem cœli fores pulsando ab ianitore illo D. Petro intromaitii necquiverit.… Il a été traduit récemment par Epmonp Tuiow, sous le titre Julius. Dialogue entre saint Pierre et le pape Jules II, Paris, 1875.

5. Je ne parle pas des éditions plus récentes, qui sont d’érudition. Les ennemis du Saint-Siège se servaient de ce libelle comme d’une arme ; c’est ce qui en explique la diffusion.

6. Voir les raisons très solides que donne à l’appui de cette thèse Edmond Thion.

7. « Je ne suis ni assez impie pour vouloir me railler du souverain pontife, ni assez fou pour écrire contre ceux qui peuvent mettre hors la loi», écrit-il à Guillaume de Neuenarbhr. Il arépété à plusieurs reprises cette dénégation. Sur cette polémique, voir B.-J. PINEAU, Erasme et la Papauté, Paris, 1924. Erasme avait, à ce qu’il écrit,

composé un livre contre la guerre, Antipolemo, alors qu’ilse trouvait à Rome, et il le dédiaau pape Jules II, non sans une arrière-pensée ironique, ce semble, au moment où il préparait la guerre contre Venise. D'ailleurs, ce pamphlet ne fut jamais publié. Erasme en

parle dans son A dagiorum Chiliades imprimé pour la première fois

à Bâle en 1513, à propos de l’adage : Dulce bellum inexpertis. Dans ce commentaire, il loue Léon X de son goût pour la paix et dit, en parlant de Jules IT: « Que la gloire guerrière appartienne à JulesIT; qu’il garde ses victoires et ses magnifiques triomphes. Jusqu’à quel point ils conviennent à un pontife chrétien, il ne m’appartient pas d'en décider. Je dirai seulement : Sa gloire, quelle qu’elle fût, aété acquise avec la mortet la douleur de beaucoup d’êtres humains. Une gloire plus véritable échoit à notre Léon que celle acquise à Jules par toutes ses guerres couvrant le globe, soit provoquées audacieusement, soit conduites heureusement. »

8. Il fut le favori de Charles VIII et de Louis XII et mourut en septembre 1517.

9. Il est reproché au pape son ingratitude envers la France qui lui a accordé l’hospitalité quand il était errant. Les qualités des Français sont exaltées. Les Italiens qualifiés : un ramassis confus des nations les plus barbares.

passage semble montrer qu’il fut rédigé par quelqu'un qui avait connu Jules II et assisté à ses entrées triomphales à Bologne et à Rome.

Il est d’une ironie plus fine qu’iln’est coutume dans ce genre d’écrit, mais qui n'exclut pas toujours les violences de langage habituelles à cette époque !, Le pape est pris à partie uniquement au point de vue de sa politique ecclésiastique et étrangère, de son animosité persistante contre la France, de sa lutte contre le concile pisan. Son éloge de sa conduite à ces deux points de vue est sa propre condamnation. Avec une naïveté bavarde, il raconte ses guerres, ses duplicités, vraies ou imaginaires, ses exactions. Le parallèle est curieux et parfois instructif entre les deux conciles de Pise et du Latran. Le pape explique qu'il a convoqué le second pour faire pièce au premier : «Clavum clavo pepuli». Il présente tous les griefs, toutes les infamies accumulés contre lui comme étant choses naturelles et dont il s'étonne que saint Pierre soit choqué. Le dialogue s’achève par la menace que lui adresse le pape de porter la dévastation au paradis comme sur la terre avec une armée infiniment nombreuse qu'il a préparée pendant dix ans de guerres.

Ces attaques, cette haine persistante prouvent la crainte qu’inspirait Jules II et l'importance de son action politique; il devint, pendant cinq ou six ans, « le maître du jeu de ce monde », d’après le mot de l’envoyé vénitien. Ses actes ne furent pas toujours suivis d'un effet heureux ; les Français délogés, la vallée du Pô devint la proie des Suisses, des Espagnols, des Allemands ; la paix que l’on croyait fermement établie après le triomphe momentané de sa politique en 1512 semblait, au moment de sa mort, moins assurée que jamais, Il aurait pu appliquer sa forte volonté à la réforme de l’Église ; le concile du Latran lui servit, au contraire, uniquement à écraser ses adversaires. Néanmoins, une papauté nouvelle comme une Rome nouvelle sortit de ses mains. S'il n’accomplit pas ce qu'il avait ambitionné de faire, il n’en fut pas moins l’initiateur d’une ère dont le pontificat de Léon X marqua le magnifique épanouissement.

1, Par exemple, le pape est appelé : le plus scélérat des cabare- S. P. Q. R. par : Satam Papa qui regnat et, après la prise de Rome tiers. Les initiales P. M. (Pontifex Maximus) sont traduites : en 1870 : Sanctus Paie quondam Rex. Lamennais y avait lu un Pestem Maximam. N’a-t-on pas traduit plus tard les initiales aveu : « Si peu que rien».

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