LA, FIN DE JULES II
Les obsèques durèrent, comme de coutume, neuf jours ; le dernier jour, le 3 mars, au milieu d’une foule énorme accourue pour l’entendre, Fedra prononça l’oraison funèbre du pape, qu’il abrégea à cause d’une toux qui le tenait.
Pendant ce temps, on préparait activement le conclave ; les cellules destinées aux trente cardinaux qui devaient y prendre part étaient déjà prêtes. On se hâtait « contre l’usance » «afin que les quatre cardinaux privés qui étaient à Lyon ne fussent à temps d'entrer en conclave » 1.
La désolation que l’on manifestait à Rome n'allait guère au delà des murailles de la ville. La disparition de ce « brandon de discorde » réjouit ses ennemis, qui étaient nombreux ; à Venise, les épigrammes, les vers satiriques, les quatrains foisonnèrent, dans lesquels le pape était traité d’ennemi du repos de l’humanité et de monstre nourri de venin ? ; à Ferrare, la duchesse se rendit dans plusieurs églises, suivie d’un grand nombre de femmes pour remercier le Seigneur ; son fils allait enfin lui être rendu! En France, la mort de Jules II fut un immense soulagement, aussi bien qu’en Allemagne.
Parmi les pamphlets qui parurent alors à, le plus curieux est le Julius (Exclusus) c'est-à-dire exclu du paradis, dont le retentissement fut considérable au moment même de sa publication et persista longtemps.
La première édition suivit de près la mort du pape; d’autres parurent en 1517, 1520 ; il y eut des traductions anglaises (1535, 1660, 1693, 1719), française (1615), hollandaise (1520), allemande (1784) 5. On l’a attribué à Erasme f, bien qu'il s’en soit défendu avec énergie 7; toutefois 1l reconnaît que la latinité en est au-dessus de la moyenne, ce qui est vrai, et il n’était pas coutumier d’éloges de ce genre. D’autres ont attribué ce factum à Van Hutten et à Publio Fausto Andrelini qui enseigna pendant trente ans les Belles-Lettres à Paris et était secrétaire de la reinef. On l’attribua encore à Girolamo Balbi, un Vénitien qui séjourna également fort longtemps à Paris. Ce pamphlet est, en effet, très bienveillant à la France*?. Toujours est-il que plus d’un