INTRODUCTION
E pape Jules IT domine son époque. Non seulement l’histoire de Rome et de l'Italie mais celle de l'Europe, se confondent avec la sienne. À côté des médiocres souverains qui l'entourent, lui seul fait figure de chef d’État. Les coalitions semblent se nouer
et se dissoudre à sa volonté et les événements s’y plier. Impérieux, intrépide, ferme en ses volontés et commandant, avec une magnifique énergie, à un corps épuisé avant l'âge, 1l se proposa de réaliser par la force ses desseins et de «conduire le jeu du monde», comme le disait un ambassadeur vénitien, et il y réussit.
L'indépendance, la suprématie du pouvoir pontifical furent sa pensée dominante ; 1l y travailla avec une passion qui lui fit oublier souvent des devoirs dont, au reste, ses contemporains s'embarrassaient peu.
Si les résultats immédiats de son action ne répondirent nullement à ses projets ; s1, loin de chasser les étrangers du pays et de réaliser la formule «l'Italie aux Italiens », il ne réussit qu'à y établir définitivement les Espagnols ! et plus tard les Allemands, du moins il contribua à donner à l'Église un domaine plus vaste, à restituer au Saint-Siège sa puissance et son prestige, à l'élever au-dessus des luttes locales qui, si longtemps, l'avaient paralysé.
Passionné d'art, et possédé du désir d’exalter et sa personne et l'autorité pontificale, il encouragea et seconda les inimitables artistes accourus autour de lui. Rarement transformation fut plus complète que celle de Rome pendant son ponti ficat, qui cependant fut si court. La cité médiévale disparaît ; une « ville nouvelle », abondante en monuments, ornée de cheÿsd'œuvre, pacifiée, s'élève et se peuple de peintres, de sculpteurs, de liltérateurs, de mécènes, d'artisans habiles. Elle servira de cadre au règne magnifique de son successeur Léon À.
Sans lui, cet épanouissement n'aurait pas eu lieu ; il convient de lui savoir gré d'en avoir préparé les voies.
1. Son projet était bien de se servir des Espagnols pour expulser quelles armes? L’Italie, livrée à elle-même, n’était pas en état de les Français et de les expulser eux-mêmes ensuite, mais avec le faire.
DEYRKOME
PP LON PPETCEAT