Moront1, Diz., vol. L, p
4. Ibid., p. 39. On a restitué cette décoration dans l’aile édifiée par Pie IV.
5. Pareille mésaventure arriva à Bramante pour l’escalier du palais Torlonia.
6. Les entre-colonnements ont été murés; la cour a été partagée en deux.
7. Dans le Swmia, il est demandé à Bramante s’il en fera un semblable pour monter au paradis. Voir KLACZKO, p. 170.
8. Rien ne prouve qu’elle ait été jadis placée au sommet du Mausolée d’Hadrien. Au temps de l’ancienne basilique de Saint-
Pierre, elle en ornait le portique, entourée de huit colonnes de porphyre et couverte d’un toit de bronze. Le pape Symmaque l'y avait fait transporter vers l’an 500. De chaque côté, on plaça plus tard des paons et des dauphins de bronze, provenant, disait-on, du tombeau de Scipion l’Africain (Descrisione della Sacrosanta Basilica.., Rome, 1800. — ANDREA FE1, Descrizione di Roma…., 1643, p. 654. — GIOVANNI MARANGONI, Delle cose gentilesche e . profane trasportate ad uso delle Chiese, Rome, 1744, p. 369. — Gru- SEPPE GATTESCHI, Restauri della Roma Imperiale, Rome, 1924, p. 99). On y lit l'inscription P. Cincius. P. L. Salvius Fecit. — L. Ducnesneen donne un historique et la description par GRIMALDI, Liber Pontificalis, vol. I, p. 266, note 23. Il jaillissait de l’eau du sommet. — KR. LancraAntr, Ancient Rome, p. 286. Voir pl. XI.
9. Bramante avait pris peut-être cette idée sur le linteau d’une porte à Viterbe, où l'architecte avait inscrit son propre nom de cette façon.
LERTAOCOON:
PI. 12, page 56.
le don de divertir Jules II; il passait pour le seul homme qui pût le faire rire !,
Dans le jardin compris entre le Vatican et le Belvédère devait s'élever un théâtre pour les représentations classiques et autres auxquelles la cour pontificale prenait tant de plaisir. Une fontaine monumentale ornerait le centre du jardin.
Jules IT aimait à y donner des fêtes, des banquets ; presque journellement, durant ses séjours à Rome, il y réunissait ses familiers. À la veille de la bataïlle de Ravenne, le pape organisa dans la cour un combat de taureaux ?.
On y voyait nombre de statues, de fragments architecturaux, de stèles placés judicieusement assez loin les uns des autres, entremêlés de bosquets d’orangers, de grenadiers, de lauriers, avec des volières d’oiseaux rares, des parcs à bêtes exotiques et des piscines. Ce jardin de délices, ce viridarium, était dans le goût de ceux que possédaient les banquiers fastueux, les cardinaux, les barons, les artistes en renom %, mais devait l'emporter de beaucoup.
C'était alors une furieuse manie que de collectionner des antiquités ; pour s’en procurer, on ne reculait devant aucun expédient. « Les vols étaient louables, les larcins honnêtes », écrit Sabba Castiglione à la date du 16 avril 1507 4. Isabella d’Este n’hésita pas à demander à César Borgia de lui faire cadeau d’une statuette qu’il avait pillée chez une de ses amies, la duchesse d’Urbino, et, César tombé, ne songea nullement à la restituer. Pour satisfaire cette fantaisie, on cherchait partout des antiquités, on fouillait le sol si riche de la campagne romaine et de Rome, voire même le lit du Tibre, on en faisait venir de loin; il en arriva de Rhodes de pleines cargaisons 5. Dès qu'une trouvaille était annoncée, les acquéreurs accouraient ; il fallait être aux aguets et payer ce que le propriétaire exigeait $ ; des médailles « pleines de rouille » s’achetaient 8 à 10 ducats et se revendaient aussitôt le triple ; on recherchait fort les mosaïques. Les palais devenaient des musées *. Comme il devait arriver, malgré l'abondance des trouvailles, la marchandise manquant, des faussaires se mirent à fabriquer activement des antiquités $.
Ce fut donc pour obéir à la mode autant qu’à son propre penchant que Jules II réunit dans son jardin du Belvédère les merveilles qu’on put lui procurer.
Alors qu'il était encore cardinal et vivait à Rome, au temps d’Innocent VIII,
1. Le pape employa également Bramante à restaurer la citadelle de Civitavecchia ; en 1505, il lui fit accomplir des travaux dans le palais des Anciens à Bologne et à la coupole de S. Maria à Lorette, Il lui accorda, entre autresrécompenses, l'office du plomb, qui était réservé à ceux de leurs favoris que les papes voulaient récompenser ; après lui, il fut attribué au bouffon Fra Mariano et au peintre Sebastiano.
2. CRAcCAS, Notizie di Curiosità Romane, t. XIV, 1890, aoûtoctobre.
3. Par exemple, les jardins de Chigi, Colucci, Goritz, Giovio, Pomponio Leto, Bembo.…. Ulysse Aldroandi composa en 1556 un catalogue descriptif de ces collections : Delle Statue antiche.
4. Lettere inedite di Fra Sabba Castiglione, publ. par ALESss.
Luzio, Milan, 1888. — Cf. Gioynale Storico della Letleratura Italiana, an. VI, vol. XI, 1888, p. 205. Art. sur Giovanni Sabadino degli Arienti.
5. Sabba Castiglione, qui avait été à Rhodes, en parle de visu,
6. Lettre de Cristofano Romano à Isabella d’Este, en date du 1er décembre 1505.— Georges de Négrepont écrit en 1507 « qu’à peine un objet est-il trouvé qu'il se présente une foule d’amateurs ».
7. Par exemple les palais Chigi, Altoviti, Colocci et ceux de plusieurs cardinaux. Paul II avait naguère donné l'exemple en réunissant de magnifiques collections dans son palais de S. Marco.