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6. Dans l’ouvrage d'AURELIO RuUFFINI, Libretlo.., on voit que le salaire des conservateurs, du prieur des caporioni, des maestri di strada, des pacieri était prélevé en partie sur la gabelle des études.
ment à son propre sujet : « Utinam essent bona salaria quia non deficerent bon lectores » (S'il y avait de bons salaires, il y aurait de bons maîtres) ; et il ajoute que les Mécènes font les Virgiles, ce qui est contestable. Or, précisément alors, les autres cités italiennes se piquaient de rivaliser de générosité à l’égard de leurs Universités.
Néanmoins, Jules II s’occupa du palais de l’Université ; Albertini le loue d’avoir fait accomplir certains travaux dans le Gymnasium publicum. Une inscription le rappelle sur une construction voisine de l’égliseS. Giacomo degli Spagnuoli, et ses armes y figuraient naguère encore !. S'il avait peu de goût pour les Lettres, Jules II ne se montrait pas hostile à la liberté d'enseigner et de penser.
Une grande indépendance fut accordée à Rome de tout temps à ceux qui ne s’attaquaient pas aux dogmes ; les étrangers s’en montraient étonnés ; on pouvait tout dire, ou à peu près ; Pasquin accablait de lazzi, sans en être empêché, gouvernants, prélats, maîtres de l’Université, le souverain pontife même. Malgré son caractère autoritaire, Jules ne rompit pas avec la tradition.
Les juifs jouissaient d’une tolérance plus large que partout ailleurs ? et que Jules II respecta, encore qu’il publiât en août 1509 une bulle leur infligeant une taxe du vingtième sur tous leurs biens à.
Quant aux courtisanes, dont le nombre était considérable, puisque en 1490 on en comptait plus de six mille, elles étaient tenues en si haute estime et si respectées « qu’on aurait dit autant de reines », écrit un contemporain. Elles étaient somptueuses, couvertes de bijoux et d’étoffes de prix ; quand elles sortaient, elles se faisaient suivre d’un nombreux domestique (magna comtante caterva). On en voyait dans la plupart des réunions, aux églises comme aux représentations théâtrales; à S. Sebastiano, une des sept églises majeures, une quantité de courtisanes se rendaient accompagnées de leurs femmes et de leurs serviteurs, montées sur des mules ou des chevaux, et rien dans leur costume ne les distinguait des femmes de qualité. Souvent toutefois elles s’habillaient en hommes. Leurs demeures étaient pleines d'objets d’art, de tapisseries et de tapis orientaux. Grâce à elles, l’âge d’or refleurissait, écrit non sans malice Niccolo Franco qui s’y connaissait 4 On était encore loin du temps où la papauté allait imposer aux meretrices honestae de durs règlements et les obliger à vivre dans un ghetto 5.
Le carnaval de l’année 1508 fut particulièrement brillant; 1l dura de la Saint-Antoine
dans lequel il défend Jules II de l’accusation d’avoir négligé les études universitaires.
2. « De tous les souverains, il n’y en a presque point eu dont la domination ait été plus douce aux circoncis », écrit BASNAGE (Histoire des Juifs, La Haye, 1716, liv. IX, p. 542). Basnage était
1. Gymmasium pbublicum apud ecclesiam S. Jacobi Apostoli. Il s’agit de l’Université qui se trouve précisément près de l’église S. Giacomo degli Spagnuoli, dans le voisinage de la place Navona. Don Enrico, fils du roi Ferdinando III, avait érigé au xr1e siècle cette église. Durant son court pontificat, Pie III avait donné
des ordres pour qu’on poursuivit les travaux del’Universitéentre- calviniste. — Cf. BEDARRIDE, Les Juifs, Paris, 1859. — NATALI, pris sous ses prédécesseurs et qu'Alexandre VI avait activés. Il Ghetto di Roma, Rome, 1887. — A. BERLINER, Geschichte der Moront, Diz., vol. LXXXII, p. 322. — RENAzzi, Storia dell” Juden in Rom, Francfort, 1893. — D. HERMANN VOGELSTEIN,
Università..., Rome, 1803. — Josepx CARArA, De Gymmnasio Geschichte der Juden in Rom, Berlin, 1896. — D. J. BLUSTEIN,
Romano, Rome, 1751. — Emizio MorpurGo, Roma e la Sapienza, Storia degli Ebrei in Roma, Rome, 1921. Rome, 1870. — L'Università di Roma, Rome, 1927. — Voir plus 3. MADELIN, Un Français à Rome, D. 209. Join, chapitre Jules II législateur. — Cf. article Cran dans le 4. CLEMENTI, 11 Carnavale, p. 142.
Giornale Storico della Leit. Italiana, vol. XXIX, 1897, p. 403,
5. Sous le pontificat de saint Pie V. Cod. Vat. 9729, p. 104.
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