Les Grands Capitaines, éd. Lalanne, vol. I, p
3. DaRu, vol. III, p. 450. — Jean Marot, le père de Clément, qui accompagna Louis XII dans sa campagne contre les Vénitiens, en a laissé un récit dans un poème, Jan Marot de Caen sur les deux heureux voyages de Gènes et Venise, victorieusement mys à fin par le tres chrestien Roy Louys douxiesme de ce nom. Père du Peuple et véritablement escriptz par iceluy a lors Poete de la Royne Anne, Duchesse de Bretagne, despuis Valet de Chambre du tres chrestien Roy Francoys premier de ce nom. M.D.XXXVII.
4. Alviano avait une haute idée de lui-même ; quand il fut en présence du roi Louis XII, il lui dit : « Maintenant que Votre
Majesté m’a entre les mains, elle est assurée de conquérir les terres de la République. » Une relation détaillée de la bataille d’Agnadel par un témoin, Pandolfini, se trouve dans Négociations de la France et de la Toscane, p. 327.
5. Après la mort du duc Guidobaldo de Montefeltro (23 avril 1508).
6. Bulle Suspecti ou suscepti. Cf. RAYNALDUS, ad an, $ 13. Les émissaires vénitiens réussirent à afficher aux portes de Saint-Pierre et sur les murs du château Saint-Ange des protestations contre cette bulle, ce dont JulesITs’irrita violemment. Sanuro, vol. VIII, col. 187.
7. ROMANIN, Sforia doc. di Venezia, Venise, 1855-81, vol. V ,p. 224.
Allemands ne consentirent à se sacrifier seuls 1. Peu après, le marquis de Mantoue, l’un des chefs de l’armée alliée, fut capturé; il passait près de Legnano, se gardant mal; le gouverneur Luzio Malvezzi, aidé d’un gros de Vénitiens venus de Padoue, dispersa son escorte ; il s’échappa en chemise, mais son guide le trahit, et il fut amené captif à Venise où la joie fut extrême. Cette prison du marquis devait avoir, du reste, de singulières conséquences ?.
Le pape ayant obtenu en Romagne ce qu'il souhaitait et comprenant de plus en plus, comme tous les Italiens, que l’écrasement de Venise serait une calamité *, ne demandait qu’à traiter et le laissait voir 4.
Le cardinal Cornaro et le cardinal Grimani, tous deux Vénitiens, celui-ci fils d’un patricien qui résidait à Rome et devait succéder au doge Loredan, négociaient depuis quelque temps déjà, et Jules IT, s’il les abreuvait pour la forme de reproches et d’outrages, ne repoussait pas néanmoins leurs avances ; il assemblait, au contraire, le consistoire, pour le consulter à ce sujet, montrant ainsi qu'il ne les rejetait pas d'emblée. Le chevalier Francesco Corner (ou Cornaro) passa par Rome à son retour d’Espagne (25 août 1509) ets’entretint avec le pape, qui lui exposa son opposition au désir du roi de France d’anéantir la République et déclara qu'il était tout prêt à conclure une paix solide; ses conditions étaient rigoureuses ; il lui fallait une indemnité de guerre, des navires pour une expédition contre les Turcs, la promesse que la République ne ferait plus de nominations ecclésiastiques dans les diocèses de la terre ferme et ne percevrait plus de taxes sur les biens de l’Église.
Le roi Louis XII eut vent assez vite de ce manège et s’en plaignit vivement au représentant du pape (3 octobre 1509) ; son représentant occasionnel Alberto Pio 5 joignit ses instances et ses remontrances à celles du cardinal d’Auch ; ils ne cachèrent pas à Jules IT que, traiter avec Venise, c'était « planter un poignard dans le cœur du roi » f. Néanmoins, les négociations se poursuivirent tout l'hiver et Jules II conclut une paix séparée le 15 février 1510. La République reconnaissait qu’elle avait eu tort d’en appeler au futur concile et que l’excommunication lancée contre elle était méritée; elle renonçait à percevoir des taxes sur les revenus et les biens que l’Église ‘possédait sur ses terres et à intervenir dans les choix des membres du clergé qui y résidaient et dans la collation des bénéfices; elle s’engageait à indemniser les églises, les monastères et les fondations
la Chambre, le dataire, alla à Toscanella, à Ostie et revint à Rome le 14 novembre (Sanuro, vol. IX, col. 181, 296).
1. L'armée assiégeante se composait de Français commandés par M. de La Palisse (Jacques de Chabannes), de soldats ferrarais
commandés par le cardinal Ippolito d’Este, de papalins commandés par Lodovico Pio. Les Allemands, dit Brantôme (Les Grands Capitaines, éd. Lalanne, vol. I, p. 79), refusèrent nettement d'attaquer.
2. Dans la nuit du 9 au 17 août (1509). BALAN, vol. VI, p. 30. — EquicoLa, Stor. di Mantova, Mantoue, 1607. — GUICCIARDINI, Stor. d'Italia, liv. VIII, $ 3.