‹ Histoire de Rouen pendant l'époque communale 1150-1382 (volume 2)Chapitre 104 sur 188 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

t^ègne, en 1286, lever une taille sur la commune,

ir^ais elle résista en alléguant les anciennes chartes

firmées par tous les rois jusqu'à Philippe-le-Bel.

put rappeler que, trois ans auparavant, ce n'était

ue par grdcej et après une délibération de toute

\sL bourgeoisie, qu'on avait accordé la levée d'un

impôt ' ; mais le roi ne voulut tenir aucun compte

€:3es privilèges de la commune, et, sur le refus du

vnaire Thomas Naguet, il le fit arrêter et enfermer

château , avec un grand nombre de bourgeois^.

chroniques ne nous apprennent pas la suite de

<z;ette affaire; mais il est probable que la commune

se décida à payer, et que le maire recouvra ainsi sa

liberté.

Forcée de courber la tête devant l'autorité royale,

la bourgeoisie semble avoir voulu s'en venger sur ses

anciens ennemis, les chanoines. Là elle ne craignait

plus Philippe-le-Bel, qui, partout, attaquait les

privilèges du clergé et s'efforçait de les abolir.

£n 1288, le maire, au nom de la commune,

■ Voyez le chapitre précédent, p. 173 — 174.

* « Hoc anno, die Mercurii, antè festum apostoii Matthiei, iucarceratus fuit Thomas Naguet , tune temporis major urbis Rothomagensis, in Castro Rothomagensi, cum pluribus ejusdem civitatis propter tailliam domino régi débita m, non solutam pro communia villae et pro aliis casibus qui ad nostram notitiam non devenerunt.» Ckron. Rothom. ^ aj^ad Labbe , Nova Jiihliotheca mscr.. 1 , 381.

18â COMMUNE DE ROUEN.

revendiqua la rue Notre-Dame ( rue des Arpents), comme un fief laïque qui devait relever exclusivement de sa juridiction. Le chapitre , au contraire , soutenait que c'était un fief ecclésiastique sur lequel, de tout temps , Tautorité spirituelle avait exercé sa puissance. L'affaire fut portée devant l'Échiquier de Pâques 1 289. Cette assemblée nomma deux commissaires, le bailli de Rouen et le doyen de Beau vais , pour procéder à l'examen de la question. Us reconnurent , après avoir entendu les témoins , que les prétentions du maire étaient fondées, et firent un rapport dans ce sens à l'Échiquier de la S.-Michel. L'assemblée prononça alors sa sentence, et déclara que toute la rue Notre-Dame dépendait du maire, et qu'il devait y exercer sa justice comme dans un fief laïque'.

Le chapitre fut exaspéré de ce jugement qui le privait d'un droit dont il avait joui de temps immémorial. D'ailleurs, le maire et les pairs, encouragés par ce succès , ne s'arrêtaient plus dans leur triomphe. Us voulaient exercer leur juridiction dans les maisons privilégiées des chanoines. Vainement ceux-ci s'adressèrent au bailli et aux autres magistrats royaux; ils ne les trouvèrent nul-

* Archives municipales , Reg. î, f 51 verso, 62 recto.— Voyez

l'arrêt de TÉchiquier, aux Pièces justificatives. — M. Floquet, Mis t. de P Échiquier y p. 144.

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