CHAPITRE XI
EmptiaDiiniintiit tu mairt 9.l)ama« naguti, en 1386. — Cutic tiitic la flpoimuut ti te 4[l)apitTt , à l'artatian it la xnt Uoixt* 9amr. — 3ftt rapitulaiit te 1291. — Siommunitaiion bu naÎTc (t it» printipaur pain. — Mort in mai» nnimmunif ; rtfii* te Mpulmiit. — tt mniu inicnj 11 Sl-#tn«j*.
Wr règne de Philippe-le-Bel est un [ides plus iiiiportans de rbistoire de ^France. Il marque, eu effet, une \ révolutioa dans le gouvernement.
<La royauté, qui avait grandi lentement, s'appuyant tantôt sur les communes, tantôt aur les conquêtes de Philippe-Auguste, tantôt, enfin, sur les vertus et les lois de saint IjOuIs, la royauté arriva au despotisme à latin du xiii" siècle. Pliilippe-le-Bel , entouré de jurisconsultes imbus des maximes tyranniques du
<li*oit romain , tenta d'organiser le despotisme. La dureté de son caractère, qui ne reculait devant aucune violence, brisa la plupart des obstacles. Bienloin d'être intimidé par les anathèmes de l'église, il fit arrêter et emprisonner le pape Boniface, puis rendit la papauté esclave de la France, en la transférant à A.vignon ; il alluma le bûcher des Templiers , ces héros de la croisade et des idées chevaleresques; il s'efForça surtout de substituer au régime féodal, qui couvrait le royaume de seigneurs indépendans, un réseau d'officiers royaux dont sa puissance fût le centre. I^ réalisation de ces projets exigeait surtout de l'argent pour salarier les nombreux agens de la royauté. Le système féodal avait partout attaché, aux fonctions civiles ou même ecclésiastiques, des domaines qui en étaient la récompense. Mais, dans la nouvelle organisation , il fallait payer les juges, baillis, prévôts, vicomtes, et les anciennes ressources ne suffisaient plus '.De là les mesures financières, souvent iniques, employées par Philippe-le-Bel. Elles devaient nécessairement blesser les communes,qui, comme celle de Rouen , étaient affranchies de toute espèce d'impôt, en vertu de leurs privilèges. Telle fut l'origine du premier conflit entre Philippe-le-Bel et les Bouennais. Ce prince voulut, dès la seconde année de son
' Voyez V Histoire de France ^ de M. Michelet, t. m.